‘Charade’ de Laurent Loison

Charade

LAURENT LOISON – CHARADE

Année de parution : 2015
Nombre de pages : 422
Genre : Thriller
Édition : Nouvelles Plumes


Quatrième de couverture
Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu’elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l’atroce scène de crime, une simple phrase : « les premiers seront les derniers ». Bientôt ce sont d’autres victimes, d’autres messages… Et un mystère qui reste entier.
Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d’enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu’inhumain.


NOVATEUR

Un tueur sévit sur la capitale française. Un assassin méthodique, cruel, qui se joue des forces de l’ordre au gré de ses envies, comme le ferait un marionnettiste avec ses pantins. Une traque qui s’étalera sur six mois, période durant laquelle les nerfs des policiers seront mis à rude épreuve. Car le meurtrier, outre les cadavres qu’il laisse derrière lui, semble faire preuve d’une imagination surprenante au royaume sanglant des serial killers. En effet, celui-ci use de techniques improbables, novatrices, qui sèment le trouble au sein du fameux 36 Quai des Orfèvres. Que veulent dire les messages laissés sur chaque scène de crime ? Que signifient ces indices, ces traces indéchiffrables élaborées par le tueur ?

FLOTTEMENT

Détail singulier, ce roman débute par sa fin. Ou presque. Car sans rentrer dans les détails — heureusement — , Laurent Loison nous fait comprendre que l’homme le plus recherché de France a vu son funeste parcours s’arrêter brusquement, tué lors d’une fusillade. Le commissaire nouvellement promu du 36 tient un discours devant une assemblée conquise quand une personne fait irruption, provoquant un flottement dans la salle. Qui est-elle ? Nous allons rapidement le savoir, mais déjà la curiosité prend le dessus.

CONTRASTE

L’auteur rembobine ensuite six mois en arrière, pour nous expliquer plus amplement l’épopée sanglante du tueur à la charade. Et l’on peut constater que ce dernier ne fait pas dans la dentelle. Des meurtres sanglants, d’un sadisme prégnant. Un énorme contraste avec la finesse de son énigme. Servie par des personnages soignés et charismatiques, l’histoire est plaisante et se lit tranquillement, malgré parfois de longues tirades ennuyantes. Loison agrémente tout de même son récit d’originalités bien senties et c’est justement là que réside le plaisir de la lecture. Son dénouement est très travaillé, peut-être un peu trop, ce qui fait que la compréhension totale de l’intrigue peut en prendre un coup. Mais l’épilogue, excellent et tellement vrai, met un terme à une course poursuite invraisemblable.

‘Le Dernier des Vampires’ de Willis Hall

Le Dernier des Vampires

WILLIS HALL – LE DERNIER DES VAMPIRES

Année de parution : 1982
Nombre de pages : 227
Genre : Jeunesse – Fantastique
Édition : Castor Poche


Quatrième de couverture
Pour les Hollins, quinze jours de vacances, c’est l’aventure, surtout quand on ne sait pas lire une carte ! Un soir, ils plantent leur tente au pied d’un château biscornu. Une étrange musique s’échappe d’une tourelle, dans la nuit des yeux luisent… Qui est donc le mystérieux comte Alucard qui règne sur ces lieux non moins étranges ?


Ahlala… Que d’émotions en ouvrant ce livre. S’il devait n’en rester qu’un, ce serait celui-ci. Le Dernier des Vampires de Willis Hall. Si ma mémoire ne me trompe pas, ce titre jeunesse fût le premier roman à me faire de l’œil. Le tout premier que j’ai ardemment désiré, que je voulais tenir dans mes mains pour pouvoir le lire, m’immerger dedans pour ne plus en ressortir. Un objet rare qui a traversé les années sans prendre une ride (tout l’inverse de moi).

INCONNU

La famille Hollins décide de partir en vacances d’été. Mais cette fois, il y a du nouveau. Exit Crabton-sur-Mer et sa station balnéaire, bonjour l’aventure, à l’assaut des vastes contrées d’Europe. Seul souci, les Hollins sont vite dépassés et ne savent plus quel pays ils traversent. Un saut dans l’inconnu, le vrai. La France ? La Belgique ? L’Allemagne ? Le doute et l’énervement s’installent, et bientôt le couple anglais, flanqué de leur jeune fils Edgar, décide de faire du camping sauvage. Pour cela, quoi de mieux que de traverser une forêt noire comme la nuit, d’où émergent des yeux de fauves brillants de vert dans l’obscurité. Les Hollins ne vont pas tarder à faire la rencontre la plus palpitante de leur vie.

AFFRONTEMENT

Le récit est agrémenté de quelques dessins signés Babette Cole, rendant cette lecture déjà sympathique encore plus agréable. L’histoire, originale et bien construite, se lit vite. Avec d’un côté Les Hollins et le comte vampire, et d’un autre dLa Vengeance du Vampirees villageois à cran, prompts à empaler de la chauve-souris suceuse de sang, l’affrontement est tout ce qu’il y a de plus sommaire. Mais la façon qu’à l’auteur de ficeler ses idées est amusante, et c’est tout ce que l’on demande.

SUCCÈSL'Île du Vampire

Le Dernier des Vampires, fort de son succès, a eu droit à deux suites, également écrites par Willis Hall : La Vengeance du Vampire (1999), suivi de L’Île du Vampire (2000), mais qui n’auront pas suscité le même engouement.

‘La Compassion du Diable’ de Fabio M. Mitchelli

La Compassion du Diable

FABIO M. MITCHELLI – LA COMPASSION DU DIABLE

Année de parution : 2014
Nombre de pages : 384
Genre : Thriller
Édition : Fleur Sauvage


Quatrième de couverture
1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.
1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé. Le cannibale de Cleveland… et vous.
Votre compassion… celle pour le diable.


Sombre et tortueux. Une rencontre avec le Diable, voilà ce qu’est ce roman. Un face-à-face dément, au paroxysme de l’horreur, où l’auteur ne nous épargne rien. Vraiment rien. L’avertissement en guise de prologue n’est pas mis là par hasard, tant les descriptions nauséabondes et délirantes heurtent notre conscience. Un véritable déluge qui ne cesse de nous fracasser le crâne. Et quand on sait que Fabio Mitchelli s’est inspiré de faits réels…

PESTILENCE

1981 – Cleveland, aux États-Unis. Deux corps sont retrouvés dans des barils de plastique, au cœur d’un parc national. Enterrés depuis des années, ils ont refait surface à la faveur de travaux horticoles effectués dans les bois. L’un des cercueils est éventré, laissant s’échapper des effluves pestilentielles, à se retourner l’estomac. Le début du cauchemar pour la police locale. Car en mettant à jour ce charnier, ils vont découvrir l’existence d’une bête, un monstre tapi dans l’ombre, frappant et déchirant les âmes humaines depuis plus de quinze ans.

MALAISE

Mitchelli ne passe par quatre chemins, ne cherche pas à suggérer les choses. Non. Il balance ces ignominies sur la table de manière crue comme on jetterai un gros morceau de barbaque nécrosé, rongé par les mouches attirées par  l’odeur du sang. Usant d’un champ lexical éloquent, la puissance des mots agresse la vue et l’odorat, provoquant parfois un sentiment de malaise. Comment un être humain peut-il être capable de telles horreurs ? Comment ? Car le pourquoi, nous l’avons, dès le début, ou presque. L’auteur dévoile rapidement l’identité de celui qui sera surnommé « le cannibale de Cleveland ». Et pourtant, son écriture nerveuse et incisive parvient à garder une constance survitaminée, sans temps morts. Une maîtrise indéniable, au milieu des morts qui jonchent les pages du roman.

APPÂT

L’histoire n’est pas forcément fluide pour autant, car le triangle narratif mené tambour battant paraît, par moments, confus. Mais l’appât est trop appétissant pour ne pas mordre à l’hameçon. Le lecteur est ferré, pas sûr qu’il en ressorte indemne.

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‘La Petite Boulangerie du Bout du Monde’ de Jenny Colgan

La Petite Boulangerie du Bout du Monde

JENNY COLGAN – LA PETITE BOULANGERIE DU BOUT DU MONDE

Année de parution : 2015
Nombre de pages : 463
Genre : Chick-Lit
Édition : Prisma


Quatrième de couverture
Quand sa vie part en miettes, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille des Cornouailles. Très vite, les arômes de bon pain chaud qui s’échappent de chez elle vont tout changer dans le village.

Au fil des rencontres farfelues (un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands), Polly recommence à mordre dans la vie comme dans une miche croustillante !


Polly est une jeune femme épanouie. Enfin était, plus exactement. Tout lui réussissait : amour, travail, santé, amitié(s). Tout ce dont elle avait rêvé, elle le possédait. Mais sans le savoir, tout cela ne reposait que sur de fragiles fondations. Alors, quand son monde s’effrite petit à petit et que celui-ci lui est repris sans aucune pitié, elle décide de s’évader. Loin des tracas, du stress quotidien, avec l’envie de se débarrasser de son lot d’emmerdes qu’elle traîne depuis bien trop longtemps. Par le hasard des annonces immobilières, elle trouve ce qu’elle considère être un havre de paix. Une maison, ancrée sur une île comme une vieille patelle sur son rocher. D’aspect un peu délabrée, ignorant les avertissements de sa meilleure amie, Polly fonce sans réfléchir, prête à abandonner sa vie pour en créer une nouvelle. Mais ce qui paraît idyllique au premier abord ne l’est pas forcément en réalité.

SO BRITISH

Bon, par où commencer ? C’est la première fois que je lis un roman de chick-lit. D’ailleurs je ne connaissais pas ce terme avant d’entamer ma lecture. J’ai piqué ce livre dans la bibliothèque de Madame pour voir un peu d’autres décors, changer un peu d’encre. Moi qui suis habitué à l’encre noire voire rouge sang, je baignais ici dans l’encre rose. Un gros changement donc, mais voilà, je suis fou, j’ai voulu tenter. Ainsi j’aurai lu La Petite Boulangerie du Bout du Monde avant mon amie, de peur qu’elle ne me spoile l’histoire. Ahah.

GUIMAUVES

Ce qui est sûr, c’est que ce roman se lit très vite. Les dialogues s’enchaînent rapidement, et même s’ils sont pour la plupart sans intérêts, c’est tout de même sympathique de suivre ces pérégrinations au bout du monde. Pas de frayeurs (faut pas déconner), pas ou peu de surprises, ce récit un peu monotone ne tient pas toutes ses promesses. Même si l’auteure nous balade un peu dans les campagnes anglaises, en nous faisant rêver avec ces cottages so british, l’ensemble reste un peu fade. Et surtout, surtout, particulièrement mièvre. Certes, avec ce genre de lecture il faut s’y attendre. Mais tout de même. J’ai trouvé certains passages ridicules, tellement légers que je me suis demandé si Colgan ne prenait pas ses lecteurs (lectrices ?) pour des guimauves. Est-ce le cas ? Je suis novice, peut-être que je ne comprends pas encore toutes les subtilités du genre.

CHOUPINOU

Pourtant mon petit cœur sensible s’est ému, même si je l’ai souvent entendu rigoler devant tant de naïveté. Le vilain. Car même si c’est choupinou, faut pas non plus nous prendre pour des concons. Allez, j’arrête de charrier. Car en fait ce bouquin m’a plu, même si j’ai débranché le peu de neurones que j’ai durant ma lecture. Mais comme je suis un mec, j’ai ma fierté et ma testostérone qui me rappellent à l’ordre.

‘Des Enfants Trop Parfaits’ de Peter James

Des Enfants Trop Parfaits

PETER JAMES – DES ENFANTS TROP PARFAITS

Année de parution : 2014
Nombre de pages : 546
Genre : Thriller
Édition : Fleuve Noir


Quatrième de couverture
Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder la famille dont ils ont toujours rêvé. Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ?

Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.


EUGÉNISME

Une solution désespérée, la tentation de l’eugénisme…
John et Naomi Klaesson ont choisi de basculer dans les méandres obscurs de la science, prêt à tout pour se donner une nouvelle chance. Heurtés de plein fouet par la mort de leur jeune garçon quelques années auparavant, le couple prend une décision délicate et clairement dérangeante : avoir un bébé ‘sur mesure’.
Bercés par cette perspective séduisante, ils se tournent alors vers un chirurgien à la renommée aussi sulfureuse que controversée : le Dr. Dettore. Ce dernier leur promet l’impensable. Sélectionner, gène par gène, les caractéristiques physiques et mentales de leur prochain enfant. Un enjeu de taille, où l’éthique n’a plus sa place. Bien qu’effrayés par de telles manipulations, ils acceptent cette sombre promesse, au détriment de toute morale.
Car sous ce vernis se cache de terribles vices. On ne joue pas avec la Nature…

ÉLITISME

Posant sans relâche questions, la trame de ce roman est excellente de par sa construction. Critique envers ces avancées scientifiques, envers ces institutions à la recherche d’un élitisme aveuglant, Peter James procure un flot de sensations à travers ce récit mené tambour battant. Mêlant le thriller à l’anticipation, l’histoire dresse un portrait peu reluisant d’une société plus égocentrique que jamais, constamment à la recherche d’un bonheur illusoire. Et franchement, le résultat est excellent. La progéniture OGM de John et Naomi se rendra facilement compte de cette supercherie désincarnée que l’on nomme humanité. Même si tout n’est pas à jeter, fort heureusement.

PESSIMISME

Acculés par les agissements meurtriers d’une secte fanatique, John et Naomi vont vite se retrouver confrontés à une peur immuable, les contraignant à vivre dans un pessimisme saisissant. Ont-ils fait le bon choix ? Que leur réserve l’avenir ? Des questions sensibles, qui trouveront réponses dans un final terrifiant, d’une profonde tristesse.