‘Connexion avec LáMØrt’ de Michaël Sailliot

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MICHAËL SAILLIOT – CONNEXION AVEC LÁMØRT

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 300
Genre : Horreur
Édition : Kitsunegari


Quatrième de couverture
Les premiers émois amoureux, les sorties entre potes, la musique et les nouvelles technologies rythment la vie de Seth Claider, un lycéen ordinaire. Jusqu’au jour où l’un de ses camarades de classe reçoit la photo de sa propre tombe via le système Bluetooth et meurt quelques temps après. L’auteur du cliché est un certain LáMØrt. Est-il réel ? Que veut-il ? Et pourquoi cet étrange détective du nom de Gabriel Papadhópoulos cherche-t-il à aider Seth à tout prix ? Le garçon ignore qu’en cherchant à obtenir des réponses à ses questions, il modifiera son existence pour toujours.
Et à jamais.


Connexion avec LáMØrt est le second roman de Michaël Sailliot à pconnexion-avec-lamortaraître chez Kitsunegari, mais également son premier à avoir été écrit.
Pour être plus précis, c’est là une réédition du roman éponyme paru en 2009, sous un éditeur aujourd’hui dissous.

CYCLE

Remis à neuf pour l’occasion, l’histoire se passe trois ans après les événements de Le Goût du Sang. Une suite donc, même si son écriture s’est faite antérieurement au Goût du Sang. Vous suivez ?
L’auteur complète son cycle d’Evil-Les-Mines, épicentre de l’Enfer où convergent les créatures des Abîmes. Il est alors normal de retrouver les principaux acteurs qui ont fait la renommée de ce village fictif du Nord-Pas-de-Calais, Gabriel Papadhópoulos en tête. Devenu chasseur de primes d’un genre particulier, il va devoir s’opposer ici à une entité promettant destruction et désolation.

ÉMOTIONS

Contrairement à la violence crue qui dégorge du GDS, Connexion avec LáMØrt est un récit plus ‘calme’, qui se joue plus sur les émotions ressenties par les protagonistes. L’auteur joue la carte du mélo et torture sans une once d’hésitation ses personnages. Certains passages sont prenants malgré des dialogues parfois trop téléphonés, avec des répliques qui sonnent faux. Mais Sailliot parvient néanmoins à faire passer la dureté des épreuves soumises à Gabriel et à sa clique, par le biais d’une écriture somme toute agréable.

LOVECRAFT

Car l’ombre de la mort plane sur cette histoire, tel un brouillard insidieux qui fauche sans prévenir, et c’est par petites touches émouvantes que l’écrivain gravit l’horreur par paliers. L’horreur, l’abomination : Michaël Sailliot rend encore ici un vibrant hommage à Lovecraft, père de la littérature horrifique, créateur de souffrances insondables dont se sont nourris tant d’auteurs au cours du 20ème siècle, mais aussi du 21ème siècle. C’est un régal tant l’univers de Lovecraft est riche et tellement travaillé.
Oscillant entre quelques lenteurs et une énergie qui se veut débordante, l’histoire reste sympathique et porte un regard assez métaphorique sur les dangers potentiels de la technologie.

DU MÊME AUTEUR
Le Goût du Sang

‘Le Goût du Sang’ de Michaël Sailliot

Le Goût du Sang

MICHAËL SAILLIOT – LE GOÛT DU SANG

Année de parution : 2015
Nombre de pages : 463
Genre : Horreur
Édition : Kitsunegari


Quatrième de couverture
Dans les vestiges d’un ancien hôpital psychiatrique, un vieux docteur et son équipe tentent de recréer la race des loups-garous aujourd’hui disparue. Seulement, lors d’une sortie souterraine, le sujet de ces expériences échappe au contrôle de ses maîtres.
Dans les Boves d’Arras, trois touristes anglais sont retrouvés massacrés. Après une battue stérile, la Police s’apprête à classer l’affaire. C’est compter sans la ténacité d’un flic peu ordinaire, le lieutenant Gabriel Papadhópoulos.
Avec son ami d’enfance doté de pouvoirs parapsychiques, Abdelkacem Alhazred, Gabriel va découvrir que l’Enfer possède une porte ouverte sur notre monde et que les démons qui le peuplent aiment bien trop le goût du sang.


Du sang et du sexe. À outrance. Deux ingrédients explosifs qui hantent les pages de ce roman d’horreur. Un récit qui fera voyager le lecteur dans les arcanes de l’Enfer, dimension parallèle au monde des Humains, source d’une foule de démons aussi hétéroclite que terrifiante.
La couverture donne de suite le ton, et sonne comme un rappel aux films de genre des années 80. Bestiale, sanglante, avec un soupçon de romantisme. Tournez-là, et appréciez la saveur du goût du sang.

INQUIÉTANT

Trois morts. Une mise en scène abominable, perpétrée dans un décor de pierre, humide et fermé. Le piège parfait. Michaël Sailliot a choisi avec soin le cœur-même de l’action : les Boves d’Arras. Un lieu mystique, confiné, à l’aspect rude et inquiétant. Non sans rappeler une scène du long-métrage Le Loup-Garou de Paris, cette introduction est séduisante et donne envie de s’aventurer plus loin.
Avec un prologue bien mystérieux débutant au milieu du XXème siècle, l’auteur frappe également d’entrée avec des attaques commises par un lycanthrope.

CHARISME

Place ensuite au présent, et la fameuse scène des Boves. Dépêché sur place, le lieutenant Papadhópoulos va rapidement voir son enquête tomber dans une impasse, à son grand désarroi. Dos au mur, tête brûlée ignorant la hiérarchie, il va s’octroyer les services de son meilleur ami, un homme possédant des dons aux pouvoirs ambigus. Belle référence ici à un personnage phare de l’œuvre de Lovecraft.
L’auteur permute son histoire en trois blocs scindés, qui vont finir par s’entrecroiser. Les humains d’un côté, ignorants du danger sous-jacent qui s’immisce dans leur monde. Ensuite, les démons, horde de monstres sanguinaires,  immortels, égoïstes et condescendants. Puis au milieu, tel un inhibiteur, le frère Alvaro. La clé de voûte de ce roman : un charisme certain, mélange improbable de cruauté et d’empathie.

SECOND DEGRÉ

La vulgarité émaille les nombreux dialogues, et les scènes violentes, crues et répétées, sont néanmoins amorties par la présence omniprésente de l’humour. Le récit porte l’empreinte du second degré, et le côté cliché voulu par l’auteur s’en trouve être amusant, et non ennuyant. Seul bémol, à mettre sur le compte du loup-garou. Sa présence, ardemment désirée, tarde à venir et c’est là une pointe de déception.
Mais la plume de Sailliot permet de ne pas se formaliser trop longtemps sur ce détail. En définitive, une très bonne surprise, agréable fusion d’horreur et d’humour noir.

DU MÊME AUTEUR
Connexion avec LáMØrt