‘Vraiment Seul’ de Damien Klays

Il a survécu. L’espèce humaine s’est éteinte, d’un simple claquement de doigt (Y aurait-il du Thanos là-dessous ?). Il était au travail quand cela s’est produit. Ses collègues se sont effondrés, pantins dont on aurait subitement coupé les fils. Au-dehors, les voitures et motos se fracassent dans une cacophonie assourdissante, privées de leurs conducteurs. Il n’y a plus personne. Sauf lui. Pourquoi lui ? Des cadavres par millions, le silence absolu. Il ne sait que faire. Si, une chose avant tout : retrouver sa femme.

RANDONNÉES

Débute une lente migration vers l’inconnu. L’homme (on ne connaît pas son prénom) tâchera de se remettre les idées dans l’ordre et de trouver une solution. Il est seul, vraiment seul. Tout s’est effondré. Est-il possible de reconstruire ? Sur son long chemin de croix, peu de choses à se mettre sous la dent. Fort heureusement, le hasard voudra qu’il soit accompagné. Merci le destin ! Adoptant le vélo comme moyen de locomotion, plus pratique pour esquiver les nombreux véhicules encastrés entre eux sur les routes, il parviendra à savourer ces randonnées sauvages, délestant par intermittence le poids macabre de la vérité.

Ce roman part d’un postulat maintes fois utilisé : la race humaine disparaît, anéanti par un cataclysme inconnu. Mais là, subtile différence, point de zombie ! Pas de cannibales ! « Il » est seul au monde. Partout où son regard se pose, toujours le même schéma : des cadavres à la pelle, figés dans l’éternité. Pas un seul se relèvera avec une fringale du diable. En ce point réside un paradoxe de taille : l’histoire est donc originale, le survivant est VRAIMENT un survivant mais sa solitude pèse sur le déroulement du récit.

TENDRE

C’est excessivement long. Il ne se passe rien, ou très peu, durant les trois-quart de l’histoire. Il traverse des villages à vélo, il mange, il dort. Et le lendemain, rebelote. Il y a bien quelques péripéties qui viennent agrémenter la sauce mais elles restent trop tendres pour suffisamment aguicher. Du coup, malgré un départ prometteur, il faut attendre le dernier quart pour enfin voir les événements se décanter. C’est bien maigre, et c’est difficile de se raccrocher au wagon à ce moment-là. La toute fin est émouvante, mais ne rattrape pas la déception générale procurée par cette lecture.


DAMIEN KLAYS – VRAIMENT SEUL

Année de parution : 2017
Nombre de pages : 211
Genre : SF
Édition : Éditions du Saule


Quatrième de couverture
« Dans ce bureau, sombre malgré la lumière des néons, il est seul. Son collègue est allongé par terre, pas encore froid, mais déjà mort. Il est pris de panique, ne comprend pas ce qui se passe, il essaie de le ranimer, mais sans succès. Il se lève et court chercher de l’aide. Il va dans chaque bureau et constate toujours la même chose. Des corps sans vie, partout. Tous ses collègues sont morts. Eux qui étaient encore si bruyants il y a quelques minutes sont maintenant silencieux. » En l’espace de quelques secondes, l’espèce humaine a disparu. Comment ? Pourquoi ? Il l’ignore. Désormais, il va devoir vivre dans ce monde, seul.

‘La Peste Grise’ de Dean R. Koontz

La Peste GriseDans la petite ville de Black River, des événements inexplicables se produisent. Tous les habitants tombent malades, quasi-simultanément. Une forme de grippe est évoquée, sans pour autant y voir apparaître les symptômes. Devant cet étrange phénomène, le médecin local reste pantois… d’autant plus que cette « maladie » disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Les habitants ne se doutent de rien. Le Mal rôde sous sa forme la plus vicieuse. Incolore, inodore, il parasite les métabolismes. Tout doucement.

MALLÉABLE

Le cerveau humain est malléable et pourtant doté d’une extraordinaire puissance, deux opposés qui ont créé de nombreux fantasmes. L’un d’eux est le sujet principal de ce roman de Dean Koontz. Animés par un sombre dessein, trois hommes vont réunir leurs savoirs et leurs richesses. Un plan effroyable, irrésistible. Une addition impossible qui pose question, car ce qui est décrit dans ce roman reste dans le domaine du possible, même si l’auteur en fait ici une fiction. Alors que le projet déploie ses tentacules sur Black River, une famille arrive sur les lieux pour passer des vacances dans les bois environnants, comme chaque année. Sauf que ces congés auront une saveur particulière, teintée de tristesse, car un membre de cette famille est décédé quelques mois auparavant. Une exode dans la nature qui se veut bienfaitrice, mais qui se révélera être tout le contraire.

PEUR

Le récit pose des bases solides quant à la sombre peste grise qui envahit la bourgade. L’antagoniste principal, Ogden Salsbury, est une véritable saloperie et fait usage de son ‘pouvoir’ d’une manière malsaine. Il efface ses partenaires par ses qualités, alors que, paradoxalement, il est l’élément faible du groupe.
Pour ce qui est de la famille, et de ses proches, ils sont intéressants au début mais pêchent par des dialogues longs et parfois inutiles. Les réactions qui s’enchaînent sont bizarres, incohérentes avec ce qu’il se passe en temps réel, et l’histoire s’essouffle rapidement. Koontz distille plusieurs pages de données concernant le projet, des données sans importances et qui s’étalent trop longtemps, faisant perdre ainsi l’intérêt majeur du récit, la peur de se dire :
sommes-nous manipulables à ce point ?


DEAN R. KOONTZ – LA PESTE GRISE

Année de parution : 1979
Nombre de pages : 369
Genre : SF
Édition : Presses Pocket ‘SF’


Quatrième de couverture
Dès son arrivée à Black River, Paul Annendale se trouva plongé dans une atmosphère de cauchemar. Un mal mystérieux s’était abattu sur la ville. Bizarres, terrorisés, ses vieux amis n’étaient plus les mêmes et la médecine, apparemment, ne pouvait plus rien pour eux. Sur Black River régnait la Peste Grise, une expérience démente visant à conquérir le Pouvoir Mondial par l’asservissement des cerveaux. Une expérience de « persuasion clandestine » qui pourtant s’inspire de notre vie quotidienne et qui, peut-être, préfigure notre avenir. Paul Annendale parviendra-t-il à désamorcer la formidable bombe psychologique enfouie à Black River avant qu’il ne soit trop tard ?

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