‘Les Rats’ de James Herbert

Quand Dame Nature rencontre l’Horreur. Les animaux mangeurs de bidoche humaine, tout le monde connait. L’industrie du cinéma en a fait un paquet de longs métrages, en accouchant de chefs-d’œuvre reconnus (Les Dents de la Mer) ET de nanars complètements débiles, comme le fabuleux Les Rongeurs de L’Apocalypse, où la population doit faire face à des… lapins tueurs.
*tousse, tousse*
Le tour du bestiaire est bouclé, Hollywood a fait muter un peu tout et n’importe quoi. Et grâce à James Herbert et son roman Les Rats, sorti en 1976, la grande machine à dollars a flairé le bon coup (ou pas) en l’adaptant sur grand écran, sous le titre Deadly Eyes (1982). Je n’ai pas vu le film, je ne le verrai probablement jamais. Le roman m’a suffit. Il sent le récit qui a mal vieilli, un peu cheap, même si la construction du récit est plutôt prenante.

GROSSE BÊBÊTE

Passée l’attaque isolée de ces vilaines bestioles sur un pauvre SDF — point de départ de la catastrophe à venir —, tout s’enchaîne très vite. C’est l’un des atouts de ce livre : un condensé d’action, peu de temps morts. Au vu du nombre de pages, l’inverse aurait été navrant. Surtout pour un récit d’horreur ! Harris est professeur de dessin dans une école de l’East End, à Londres. Un matin, l’un de ses élèves se présente en retard, un bandage ensanglanté compressant sa main. Le garçon parle de morsure de rat aussi gros qu’un chat. Impossible, il doit inventer. Le professeur emmène son poulain à l’hôpital pour des examens. De là, d’autres rumeurs d’attaques de rats lui parviennent. Un cataclysme d’une ampleur inimaginable s’apprête à frapper la capitale de l’Angleterre.

RAZ-DE-MARÉE

Les rats sont énormes, noirs, et réduisent en charpie des centaines d’êtres humains au moyen de leurs incisives coupantes comme des rasoirs.
Boub, bouh, bouh. Le rat, il est pas beau ! Tout moche ! Propagateurs de maladies et de phobies, le rongeur était un candidat idéal pour ce rôle d’antagoniste. Entre deux-trois scènes qui se noient dans une orgie sanglante pour étancher la soif d’hémoglobine des lecteurs, James Herbert expose ici l’apathie du gouvernement à réagir efficacement face à cette menace inédite. Des mesures d’urgence seront mises en place, aux résultats plus que mitigés au regard de l’étonnante résistance des bestioles à fourrure. Ces passages de doutes, de flottements, accentuent peu à peu les craintes avant le choc final, un raz-de-marée dévorant tout sur son passage, déchaîné devant l’impuissance de l’Homme. Harris, professeur Courage, trouve une idée brillante, coiffant au poteau scientifiques et militaires. Mais n’est-il déjà trop tard ?

DE L’ACTION, ET C’EST TOUT

Inutile de s’attarder sur les personnages, aucun — mis à part Harris le bienveillant — n’est réellement développé. Le mot d’ordre est clair : de l’action, et rien d’autre. Faire frissonner le lecteur si possible, en bonus. Pari réussi, même si le résultat final n’est pas exaltant.


JAMES HERBERT – LES RATS

Année de parution : 1976
Nombre de pages : 256
Genre : Horreur
Édition : Le Masque


Quatrième de couverture
Il poussa un hurlement aigu quand il comprit que quelque chose lui déchirait la main. Il tenta de se mettre debout, mais il trébucha et tomba lourdement. Quelque chose de chaud s’accrocha à son visage. Il tenta de l’arracher et sentit un pelage dru sous ses doigts. Malgré sa panique il comprit la nature de l’horrible morsure : c’était un rat, mais un gros, un très gros rat. On aurait pu le prendre pour un petit chien.

‘Soif de Sang’ de Robert McCammon

Retour ici à mes premiers amours littéraires, à ce qui me fait scintiller des yeux tel un enfant vaquant au milieu d’un magasin de jouets. Pas besoin d’en dire plus, vous l’aurez compris : j’adore tout (ou presque, faut pas déconner) ce qui se rattache à ces créatures de la nuit. Impossible, même en sondant méticuleusement ma mémoire, de remonter aux raisons de cet engouement. Je ne l’explique pas, mais au milieu de cette peuplade de monstres qui hantent nos cauchemars depuis déjà pas mal de générations, les morts-vivants aux canines pointues remportent haut la main le césar de la meilleure bestiole horrifique. C’est donc avec une joie non dissimulée que je me suis procuré Soif de Sang de Robert McCammon. L’auteur, qui a fait des récits d’horreur sa spécialité, a donc lui aussi surfé sur cette mode décidément inextinguible en imaginant une histoire bourrée de poncifs — après tout, le roman date de 1981. Ail, pieux, soleil, eau bénite et cercueils remplis de terre natale sont bien présents. La dose de kitsch parfaite pour un bon divertissement.

VANDALISME

Andy Palatazin à les nerfs à vif. Ce capitaine de police bedonnant est sur la sellette depuis qu’un psychopathe s’amuse à torturer et assassiner des prostituées. Ces dernières sont retrouvées étranglées, une poignée de cafards dans la bouche. Une mise en scène intrigante pour un tueur insaisissable. Les cadavres s’accumulent tandis que les médias se lâchent et tournent au ridicule Palatazin et son équipe. Le flic d’origine hongroise reste de marbre face à ces injures et prend son mal en patience, jusqu’à ce qu’il découvre des crimes d’un nouveau genre perpétrés au sein de son comté : le vandalisme de cimetières. Des tombes sont profanées, éventrées, mises à nue. Les dépouilles de leurs propriétaires gisent sur le sol, violemment arrachées aux sépultures par une force inconnue. La vision est insoutenable. Détail troublant : tous les cercueils ont été volés. Pour Andy, le doute n’est pas permis, même s’il se refuse à y croire : les créatures légendaires ayant brisé son enfance et emporté la santé mentale de sa mère se cachent désormais à Los Angeles. Dans le même temps, Kobra, un jeune biker brutal et sanguinaire, arpente la Texas State Highway 285 au guidon de sa Harley Davidson. Mû par son instinct, il souhaite rallier la cité des Anges le plus rapidement possible, comme un camé en manque reniflant l’odeur de sa came de prédilection.
Ses désirs ne se réduisent plus qu’à une seule voix résonnant à l’intérieur de son crâne, répétant en boucle deux mots tel un disque rayé : « Suis-moi ».

PROGÉNITURE

Soif de Sang alterne le chaud et le froid. Passé un prologue convenable qui donne envie de s’aventurer plus loin, l’auteur nous emmène à l’enquête en cours concernant ce tueur aux cafards. Les séquences s’enchaînent bien mais manquent un peu de saignant — ah… ok. On me signale qu’il faut arrêter ces blagues pourries. Les vampires, bien que leur aura maléfique plane dès les premières pages, doivent attendre un bon moment avant de faire une apparition tant désirée. Après tout, McCammon a du temps pour tout nous expliquer à travers ces 600 pages. L’histoire se fractionne tout d’abord en plusieurs parties, autant de personnages qui auront plus ou moins leur importance. Sympa, mais long. Puis, ou plutôt enfin, lorsque la progéniture du Diable s’abat sur une population désarçonnée, le rythme s’emballe et quelques scènes tirent leur épingle du jeu. Mais qu’elles sont rares ! À peine est-on enfin bien installé que la cadence diminue. De vraies montagnes russes. Et quand McCammon trouve une idée alléchante, il la fait traîner un peu trop longtemps, même si le rendu donne vraiment l’illusion d’une ville coupée du monde.

EXTRAVAGANT

Slalomant entre les enchaînements plongeant un peu trop dans la facilité et les personnages auxquels on ne s’attache pas, sans parler du dénouement un peu extravagant (oui pourtant, je sais, c’est une histoire de vampires), le constat final est bien maigrelet, sans pour autant avoir tout à jeter.


ROBERT McCAMMON – SOIF DE SANG

Année de parution : 1997
Nombre de pages : 607
Genre : Horreur
Édition : Lefrancq Littérature


Quatrième de couverture
DES MEURTRES EN CASCADE
DES DISPARITIONS
UN CIMETIÈRE PILLÉ

Le Mal, aussi vieux que les siècles, s’est abattu sur la Cité des Anges. Il est arrivé comme un terrible baiser donné par de séduisants immortels. Par petits groupes au départ, puis par légions, les non-morts ont envahi Los Angeles avec une détermination sanglante. La multitude de victimes augmente chaque nuit davantage. Sur les hauteurs de la ville, un groupe de résistants s’organise. Dans une maison appartenant à une ancienne gloire du cinéma, les survivants préparent leur confrontation avec le Prince des Ténèbres et ses disciples. Les forces de la nature vont se mêler au jeu et isoler la cité du reste du monde. Un immense tremblement de terre va laisser les habitants à la merci des suceurs de sang dont la soif ne sera jamais satisfaite…

‘Intensité’ de Dean R. Koontz

IntensitéComme bon nombre de romans de Dean Koontz, Intensité jouit d’une excellente réputation. Ce conteur d’histoires horrifiques reste une valeur sûre pour passer un bon moment, c’est donc avec un plaisir intact que je me plonge dans ses récits ‘vintage’.

CHAMP DE VIGNES

Invitée à passer le week-end dans la famille de sa meilleure amie, Chyna croit vivre des moments inoubliables, emplis d’une joie qui semble la fuir, elle, depuis toute petite. L’immense demeure coloniale, échouée au milieu d’une mer de plantations de vignes, est un cadre parfait pour se vider l’esprit. Alors, lorsqu’elle rencontre pour la première fois les parents de son amie, elle est heureuse, tout simplement. Elle se nourrit de ce bonheur qu’elle n’a jamais connu. Crapahutée de ville en ville par sa mère camée durant son enfance, elle n’a jamais pu réellement profiter d’une quelconque liberté. Ce mot semble si doux à ses oreilles, et elle s’en délecte d’avance. Sauf qu’elle ne sait pas tout. Elle ne sait pas que le Mal rôde, tapi dans les champs de vignes.

FORCE INTÉRIEURE

Comme à son habitude donc (ou presque), Koontz a du talent à revendre. Sa qualité de narration est remarquable et, plus qu’un autre, ce roman en est la preuve. Peu de dialogues, tout est misé sur une ambiance lourde, lugubre, qui enveloppe le récit tel un manteau de ténèbres. Les personnages principaux ne sont que deux, voir réduits à la seule Chyna, luttant pour sa survie dans ce cauchemar ambulant. Dépassée par les événements, elle va révéler une force intérieure incroyable, une force brute, tissée au cœur de son passé chaotique.
Intensité porte bien son nom, et celle-ci s’accentue le final approchant. Asphyxiant, hypnotisant, on a peur pour Chyna, peur du moindre mouvement suspect, peur des ombres qui dansent dans cette obscurité pesante.

SLASHER

J’ai eu quelques doutes durant ma lecture, car ce roman avait, soi-disant, été plagié par Alexandre Aja pour la réalisation de son second long-métrage : Haute Tension. Un slasher ultra-gore avec Cécile de France, sorti en 2003. L’ayant vu, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, pensant connaître d’avance la fin. Il n’en ait rien.
Il a dû s’en inspirer, très clairement. Mais le réalisateur français a eu ses propres idées pour développer son projet, et ces dernières n’ont aucun rapport avec ce qu’à écrit Dean Koontz. Donc lancez-vous les yeux fermés.


DEAN R. KOONTZ – INTENSITÉ

Année de parution : 1998
Nombre de pages : 313
Genre : Horreur
Édition : Robert Laffont


Quatrième de couverture
Chyna, 26 ans, est invitée pour le week-end dans la famille de sa meilleure amie. Au milieu de la nuit un hurlement déchire le silence. Un homme est en train de massacrer les habitants de la maison. Mais il ignore la présence de Chyna. Horrifiée, en rage, celle-ci prend une décision impulsive : tuer le tueur. Elle se dissimule dans son camping-car et repart avec lui. S’engage alors un terrifiant mano a mano entre Chyna et le tueur.
D’un côté Chyna et son instinct de survie exacerbé, développé auprès des amis de sa mère, voyous, dealers et autres pervers illuminés. Son credo depuis cette enfance déréglée : ne pas se faire remarquer ; ne faire confiance à personne ; s’en sortir, intacte et vivante.
De l’autre, le tueur, Edgler Foreman Vess, 33 ans, qui se proclame « aventurier-meurtrier ». Sa philosophie : satisfaire tous ses instincts au moment où il les ressent, s’immerger dans les sensations, sans morale ni limite ; vivre dans l’instant, intensément.
Faisant appel à toutes ses ressources mentales et physiques, Chyna livre contre Vess un combat d’une violence inouïe. Un véritable cauchemar.

‘Relic’ de Preston & Child

Relic est le premier roman du duo d’écrivains Douglas Preston et Lincoln Child. Sorti une première fois en France sous le nom Superstition (1996), il sera réédité sous son titre d’origine un an plus tard. Première enquête de l’inspecteur Pendergast, personnage fétiche et récurrent à travers un cycle de plus d’une dizaine de livres, l’histoire se passe principalement dans un seul et unique endroit : le Muséum américain d’histoire naturelle, situé à New-York.

EXPÉDITION

Le récit commence par une expédition en Amazonie, en 1987. Un prologue court montrant en filigrane l’horreur qui se cache sous les herbes hautes. Puis vient le Brésil, tout aussi court, un an plus tard. Pour enfin revenir au présent, direction le musée. Deux meurtres abominables y sont perpétrés. Des enfants, décapités, le cerveau réduit en charpie. Une affaire délicate à quelques jours de l’ouverture d’une exposition majeure du musée : Superstitions…
Le lieutenant D’Agosta est dépêché sur place, cigare aux lèvres. Bientôt les disparitions s’accumulent, et Aloysius Pendergast ne va pas tarder à enfiler son plus beau costume pour tenter d’endiguer la vague meurtrière. Mais sont-ils de taille ?

RECOINS

Le terrain de chasse choisi par les auteurs est immense, gigantesque, aux recoins semblant se répéter à l’infini. Une poursuite infernale, où on ne sait différencier la proie du chasseur. Surtout quand la soirée d’inauguration de Superstitions se rapproche, et ce en dépit des atrocités qui frappent le musée. Marqué par de longs discours scientifiques, le récit se révèle intéressant mais manque manifestement de tranchant. La recherche de vérité est trop poussée, trop lente à se mettre en route, et les rebondissements peinent là aussi à captiver. Il faut attendre le dernier tiers du roman pour passer la seconde et rehausser l’intérêt. Mais celui-ci s’épuise à petit feu, comme ces personnages déambulant dans les dédales du musée. C’est à s’y perdre. Mais les explications, bien que trop fastidieuses, se trouvent être originales et bien senties.

CINÉMA

Relic a eu le droit à son adaptation cinématographique en 1997. Une traduction sur grand écran plutôt libre, divertissante. À noter également que ce roman a eu une suite : Le Grenier des Enfers.


PRESTON & CHILD – RELIC

Année de parution : 1995
Nombre de pages : 512
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture
Les vieilles superstitions ont parfois des bases terriblement concrètes…

1987. Une équipe d’archéologues est sauvagement massacrée en plein cœur du bassin amazonien. De bateau en bateau et de port en port, quelques caisses contenant le fruit de leurs recherches sont acheminées vers le Muséum d’histoire naturelle de New-York où elles sont oubliées au fond d’un sous-sol.
Quelques années plus tard, le musée prépare une exposition tapageuse sur le thème des superstitions. Peu de temps avant l’inauguration, plusieurs crimes sanglants sont commis. Un meurtrier d’une force et d’une férocité inouïe hante les galeries poussiéreuses et les vastes halls. On parle même d’un monstre…

‘L’Enfant des Cimetières’ de Sire Cédric

L'Enfant des CimetièresMélange de thriller et de fantastique, L’Enfant des Cimetières est le premier roman de Sire Cédric. Auteur aux influences gothiques, il instaure ici un univers sombre, pesant, où la Mort rôde à chaque coin de page. Un homme décime sa famille. Violente, la scène de crime laisse pantois les policiers, peu habitués à ce genre d’aventure. Deux journalistes friands de sensationnalisme se dépêchent sur place pour immortaliser le décor sordide.
Le début d’une descente infernale, sur une route jonchée de cadavres ensanglantés.

CARNASSIER

Démarrant sur un rythme assez lent, le récit va monter en puissance tout en accumulant la profusion d’hémoglobine. Décrit par Sire Cédric lui-même comme étant son roman le plus gore, il faut avouer qu’il n’a pas menti. Même s’il y a pire. L’enquête sera menée en parallèle par deux groupes : celui d’Alexandre Vauvert, le colosse des forces de l’ordre, et celui des deux journalistes : David et Aurore. Alors que le premier groupe piétine et s’enfonce dans un marasme d’incompréhensions, le second va pousser plus loin, s’introduisant dans un monde peuplé d’ombres carnassières et d’un adolescent psychopathe.

CISELÉ

L’addition des deux genres — thriller et fantastique — est assez surprenant et passe parfois comme une solution de facilité pour l’auteur. Il défait les nœuds de son intrigue de manière trop simpliste et c’est fort regrettable, car il arrive à tenir en haleine grâce à une écriture ciselée et incisive, surtout dans le dernier tiers. Les investigations pour en arriver aux ultimes révélations traînent un peu en longueur et peinent à captiver. Cependant, Sire Cédric entretient le véritable mystère jusqu’à la fin, même s’il use de grosses ficelles pour y parvenir.


SIRE CÉDRIC – L’ENFANT DES CIMETIÈRES

Année de parution : 2009
Nombre de pages : 432
Genre : Thriller – Fantastique
Édition : Le Pré aux Clercs


Quatrième de couverture
Quand l’horreur sonne à votre porte et que les démons deviennent réalité… Êtes-vous prêt à ouvrir le livre de vos nuits blanches ?

Lorque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.
Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ?
Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

‘La Malédiction de Bethany’ de Robert McCammon

La Malédiction de BethanyLe mythe des Amazones. Une légende sanglante, contant l’histoire de ces femmes guerrières ayant fait régner la terreur dans la région de Cappadoce (Anatolie, Turquie). Une rampe de lancement parfaite pour un récit d’horreur. Robert McCammon, auteur de L’Heure du Loup et du très remarqué Le Mystère du Lac, s’attaque donc à cette fresque de la mythologie grecque. Il a écrit cette histoire en 1980, publiée pour la première fois en France plus de dix ans plus tard.

BUCOLIQUE

1965 – Près de la Mer Noire : sous une chaleur écrasante, des archéologues découvrent les traces d’une ancienne civilisation. Certaine d’avoir sous les pieds un trésor d’une richesse inégalée, une femme du cortège, dont on ignore le nom, prend le risque de descendre dans les anfractuosités poussiéreuses de la montagne, au détriment de sa propre sécurité.

ANCESTRAL

1980 : Evan Reid, ancien militaire ayant servi au Vietnam, tente d’oublier ses démons et part s’installer à Bethany’s Sin avec sa femme et sa fille. Meurtri par son passé et en proie à de terribles cauchemars, cette destination idyllique va lentement se transformer en décor d’épouvante pour lui et sa famille. Cadre bucolique, voisins aimables et avenants, cette apparence paisible n’est qu’un vernis cachant la pourriture, et Evan, de part son métier d’écrivain, ne pourra s’empêcher de remarquer des faits troublants. Au fil de ses investigations, il interrogera plusieurs riverains, essentiellement des hommes, et mettra vite la main sur ce nœud inextricable, dangereux, qui place Bethany’s Sin sous la coupe d’un fléau ancestral.

HANTÉ

Court, ce roman est sympathique et McCammon distille le mythe par touches chargées d’hémoglobine, et le dessein diabolique dévoile son véritable aspect dans les dernières pages, confirmant ce qui se lit en filigrane tout au long du récit. Servi par des personnages non dénués d’intérêt, l’auteur propose une histoire typique à celles traitant de villages hantés, l’originalité du mythe en plus.


ROBERT McCAMMON – LA MALÉDICTION DE BETHANY

Année de parution : 1991
Nombre de pages : 314
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture
C’était un petit village tranquille, où les hommes n’osaient pas sortir après la tombée de la nuit.

D’abord séduit par l’atmosphère paisible de Bethany’s Sin, Evan commença à remarquer qu’il n’y avait que peu d’hommes dans le village et que la plupart d’entre eux étaient mutilés. .
Pour lui les Amazones appartenaient à l’Antiquité, voire à la légende. Jamais il n’aurait pu imaginer que le culte d’Artémis ait pu survivre en plein XXème siècle. Mais, la nuit, il y avait ces bruits de chevaux au galop. Le matin, ces voisins que l’on ne revoyait plus. Puis sa femme et sa petite qui commençaient à se conduire de manière étrange et avaient tellement envie de se mettre à l’équitation.

‘1974’ d’Arnaud Codeville

1974Un souffle d’imagination à la Stephen King conjugué à la plume de Graham Masterton, et vous obtenez 1974, second récit auto-édité par Arnaud Codeville. Réalisant lui-même les couvertures de ses romans (au passage très bien travaillées), ce jeune auteur français s’inspire clairement des grands noms de l’horreur, tout en proposant sa propre vision à un genre particulier.

INSALUBRE

Une maison brûle à Sebourg, commune du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Une maison inhabitée, abandonnée et en proie aux pires spéculations. Orchestrée par les pompiers et la police, la mise à mort de cette baraque insalubre semble provoquer le soulagement de la population. Le décor est planté, la vieille bâtisse sera le cœur du roman.

VINTAGE

Codeville place son histoire en 1995 et donne à son intrigue un soupçon de vintage. Agréable à lire, les premières pages défilent, l’immersion est parfaite. Tous les ingrédients inhérents aux contes horrifiques sont présents : grincements inquiétants, apparitions effrayantes et hémoglobine en torrents. C’est donc intéressant de s’y plonger malgré les clichés.
L’auteur maîtrise son navire et les nombreux protagonistes présents à bord se côtoient avec justesse. Sans toutefois posséder l’impressionnante épaisseur des personnages aux récits du King, Codeville installe réellement une identité propre à chacun, et les dialogues gardent une grande constance.

PATINAGE

En dépit de ces qualités et d’un départ en boulet de canon, les longueurs se font sentir passé un moment. L’enquête semble patiner, et ce même si les réponses affluent. Paradoxe. Les retournements de situations se chevauchent pour devenir un fouillis difficilement inextricable, et les quelques références à Lovecraft laissent un peu sur la réserve.
Les crises hallucinatoires du flic principal et les coïncidences assez lourdes viennent ternir un tableau plus qu’honorable pour ce roman. Quoi qu’il en soit, Arnaud Codeville en a sous la main. Un auteur à suivre.


ARNAUD CODEVILLE – 1974

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 541
Genre : Horreur


Quatrième de couverture
A Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès.
La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause: elle serait hantée…
Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse.

Pour rien au monde il n’aurait raté ce moment…

‘Connexion avec LáMØrt’ de Michaël Sailliot

imageConnexion avec LáMØrt est le second roman de Michaël Sailliot à pconnexion-avec-lamortaraître chez Kitsunegari, mais également son premier à avoir été écrit.
Pour être plus précis, c’est là une réédition du roman éponyme paru en 2009, sous un éditeur aujourd’hui dissous.

CYCLE

Remise à neuf pour l’occasion, l’histoire se passe trois ans après les événements de Le Goût du Sang. Une suite donc, même si son écriture s’est faite antérieurement au Goût du Sang. Vous suivez ?
L’auteur complète son cycle d’Evil-Les-Mines, épicentre de l’Enfer où convergent les créatures des Abîmes. Il est alors normal de retrouver les principaux acteurs qui ont fait la renommée de ce village fictif du Nord-Pas-de-Calais, Gabriel Papadhópoulos en tête. Devenu chasseur de primes d’un genre particulier, il va devoir s’opposer ici à une entité promettant destruction et désolation.

ÉMOTIONS

Contrairement à la violence crue qui dégorge du GDS, Connexion avec LáMØrt est un récit plus ‘calme’, qui se joue plus sur les émotions ressenties par les protagonistes. L’auteur joue la carte du mélo et torture sans une once d’hésitation ses personnages. Certains passages sont prenants malgré des dialogues parfois trop téléphonés, avec des répliques qui sonnent faux. Mais Sailliot parvient néanmoins à faire passer la dureté des épreuves soumises à Gabriel et à sa clique, par le biais d’une écriture somme toute agréable.

LOVECRAFT

Car l’ombre de la mort plane sur cette histoire, tel un brouillard insidieux qui fauche sans prévenir, et c’est par petites touches émouvantes que l’écrivain gravit l’horreur par paliers. L’horreur, l’abomination : Michaël Sailliot rend encore ici un vibrant hommage à Lovecraft, père de la littérature horrifique, créateur de souffrances insondables dont se sont nourris tant d’auteurs au cours du 20ème siècle, mais aussi du 21ème siècle. C’est un régal tant l’univers de Lovecraft est riche et tellement travaillé.
Oscillant entre quelques lenteurs et une énergie qui se veut débordante, l’histoire reste sympathique et porte un regard assez métaphorique sur les dangers potentiels de la technologie.


MICHAËL SAILLIOT – CONNEXION AVEC LÁMØRT

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 300
Genre : Horreur
Édition : Kitsunegari


Quatrième de couverture
Les premiers émois amoureux, les sorties entre potes, la musique et les nouvelles technologies rythment la vie de Seth Claider, un lycéen ordinaire. Jusqu’au jour où l’un de ses camarades de classe reçoit la photo de sa propre tombe via le système Bluetooth et meurt quelques temps après. L’auteur du cliché est un certain LáMØrt. Est-il réel ? Que veut-il ? Et pourquoi cet étrange détective du nom de Gabriel Papadhópoulos cherche-t-il à aider Seth à tout prix ? Le garçon ignore qu’en cherchant à obtenir des réponses à ses questions, il modifiera son existence pour toujours.
Et à jamais.

‘Un vieil ami de la famille’ de Fred Saberhagen

proutUn vieil ami de la Famille est le troisième tome d’un cycle nommé Les Chroniques de Dracula. Les différents récits ne se suivant pas, les lectures se font indépendamment les unes des autres.
Fred Saberhagen est principalement connu pour sa série Berserker, parue dans les années 70 et à placer dans la catégorie science-fiction.
Les Chroniques de Dracula font revivre deux importantes figures littéraires de la fin du 19ème siècle : le Comte Dracula, bien entendu, mais aussi le fameux Sherlock Holmes. Cependant, seul le premier nommé est au centre de l’histoire présentée.

RETROUVAILLES

Une jeune femme est conviée à une soirée mondaine. Invitée par un certain Craig Walworth, elle y fera la rencontre d’un homme, un géant, qui passera la soirée à la dévorer des yeux. Hypnotisée par cet inconnu et séduite par cette convoitise, elle se retrouvera chez lui, sans trop prendre conscience des événements alentours. Se réveillant seule, abandonnée, elle ne comprend pas. Et très vite, sa vie va prendre une toute autre tournure.
Portée disparue auprès de sa famille, son petit frère va également se volatiliser peu de temps après. La coïncidence est trop belle. Que cachent donc les Southerland ?
Surtout que la grand-mère, la vieille Clarissa, a l’air particulièrement suspicieuse, elle-même étant la petite-fille d’une certaine Wilhelmina Harker…

MITIGÉ

Roman agréable à lire, le récit alterne malheureusement entre une enquête qui s’émousse vite et une conclusion qui manque de souffle. Le principal intérêt de cette œuvre est bien sûr ce ‘vieil ami de la famille’, comme il aime à se présenter. Charismatique, ses interventions permettent de rester éveillé mais le reste de l’histoire semble confus, un peu mou, rendant à la fin un constat mitigé.


FRED SABERHAGEN – UN VIEIL AMI DE LA FAMILLE

Année de parution : 1992
Nombre de pages : 224
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture
Les vampires ne peuvent rentrer chez vous que si vous les y invitez. Mais parfois il est difficile de faire autrement.

Kate ne dormait pas. A demi-consciente, elle entendit des pas dans l’escalier, puis des voix dans la pièce. Elle vit des hommes en uniforme se pencher sur elle.
Ils vont me ramener à la maison, pensa-t-elle, m’arracher à ce cauchemar.
Le policier saisit son bras, il était incroyablement raide. « A mon avis, dit-il, ça fait au moins deux ou trois jours qu’elle est morte… »