‘Intensité’ de Dean R. Koontz

Intensité

DEAN R. KOONTZ – INTENSITÉ

Année de parution : 1998
Nombre de pages : 313
Genre : Horreur
Édition : Robert Laffont


Quatrième de couverture
Chyna, 26 ans, est invitée pour le week-end dans la famille de sa meilleure amie. Au milieu de la nuit un hurlement déchire le silence. Un homme est en train de massacrer les habitants de la maison. Mais il ignore la présence de Chyna. Horrifiée, en rage, celle-ci prend une décision impulsive : tuer le tueur. Elle se dissimule dans son camping-car et repart avec lui. S’engage alors un terrifiant mano a mano entre Chyna et le tueur.
D’un côté Chyna et son instinct de survie exacerbé, développé auprès des amis de sa mère, voyous, dealers et autres pervers illuminés. Son credo depuis cette enfance déréglée : ne pas se faire remarquer ; ne faire confiance à personne ; s’en sortir, intacte et vivante.
De l’autre, le tueur, Edgler Foreman Vess, 33 ans, qui se proclame « aventurier-meurtrier ». Sa philosophie : satisfaire tous ses instincts au moment où il les ressent, s’immerger dans les sensations, sans morale ni limite ; vivre dans l’instant, intensément.
Faisant appel à toutes ses ressources mentales et physiques, Chyna livre contre Vess un combat d’une violence inouïe. Un véritable cauchemar.


Comme bon nombre de romans de Dean Koontz, Intensité jouit d’une excellente réputation. Ce conteur d’histoires horrifiques reste une valeur sûre pour passer un bon moment, c’est donc avec un plaisir intact que je me plonge dans ses récits ‘vintage’.

CHAMP DE VIGNES

Invitée à passer le week-end dans la famille de sa meilleure amie, Chyna croit vivre des moments inoubliables, emplis d’une joie qui semble la fuir, elle, depuis toute petite. L’immense demeure coloniale, échouée au milieu d’une mer de plantations de vignes, est un cadre parfait pour se vider l’esprit. Alors, lorsqu’elle rencontre pour la première fois les parents de son amie, elle est heureuse, tout simplement. Elle se nourrit de ce bonheur qu’elle n’a jamais connu. Crapahutée de ville en ville par sa mère camée durant son enfance, elle n’a jamais pu réellement profiter d’une quelconque liberté. Ce mot semble si doux à ses oreilles, et elle s’en délecte d’avance. Sauf qu’elle ne sait pas tout. Elle ne sait pas que le Mal rôde, tapi dans les champs de vignes.

FORCE INTÉRIEURE

Comme à son habitude donc (ou presque), Koontz a du talent à revendre. Sa qualité de narration est remarquable et, plus qu’un autre, ce roman en est la preuve. Peu de dialogues, tout est misé sur une ambiance lourde, lugubre, qui enveloppe le récit tel un manteau de ténèbres. Les personnages principaux ne sont que deux, voir réduits à la seule Chyna, luttant pour sa survie dans ce cauchemar ambulant. Dépassée par les événements, elle va révéler une force intérieure incroyable, une force brute, tissée au cœur de son passé chaotique.
Intensité porte bien son nom, et celle-ci s’accentue le final approchant. Asphyxiant, hypnotisant, on a peur pour Chyna, peur du moindre mouvement suspect, peur des ombres qui dansent dans cette obscurité pesante.

SLASHER

J’ai eu quelques doutes durant ma lecture, car ce roman avait, soi-disant, été plagié par Alexandre Aja pour la réalisation de son second long-métrage : Haute Tension. Un slasher ultra-gore avec Cécile de France, sorti en 2003. L’ayant vu, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, pensant connaître d’avance la fin. Il n’en ait rien.
Il a dû s’en inspirer, très clairement. Mais le réalisateur français a eu ses propres idées pour développer son projet, et ces dernières n’ont aucun rapport avec ce qu’à écrit Dean Koontz. Donc lancez-vous les yeux fermés.

DU MÊME AUTEUR
Chasse à Mort
La Peste Grise

‘Relic’ de Preston & Child

Relic

PRESTON & CHILD – RELIC

Année de parution : 1995
Nombre de pages : 512
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture

Les vieilles superstitions ont parfois des bases terriblement concrètes…

1987. Une équipe d’archéologues est sauvagement massacrée en plein cœur du bassin amazonien. De bateau en bateau et de port en port, quelques caisses contenant le fruit de leurs recherches sont acheminées vers le Muséum d’histoire naturelle de New-York où elles sont oubliées au fond d’un sous-sol.
Quelques années plus tard, le musée prépare une exposition tapageuse sur le thème des superstitions. Peu de temps avant l’inauguration, plusieurs crimes sanglants sont commis. Un meurtrier d’une force et d’une férocité inouïe hante les galeries poussiéreuses et les vastes halls. On parle même d’un monstre…


Relic est le premier roman du duo d’écrivains Douglas Preston et Lincoln Child. Sorti une première fois en France sous le nom Superstition (1996), il sera réédité sous son titre d’origine un an plus tard. Première Superstitionenquête de l’inspecteur Pendergast, personnage fétiche et récurrent à travers un cycle de plus d’une dizaine de livres, l’histoire se passe principalement dans un seul et unique endroit : le Muséum américain d’histoire naturelle, situé à New-York.

EXPÉDITION

Le récit commence par une expédition en Amazonie, en 1987. Un prologue court montrant en filigrane l’horreur qui se cache sous les herbes hautes. Puis vient le Brésil, tout aussi court, un an plus tard. Pour enfin revenir au présent, direction le musée. Deux meurtres abominables y sont perpétrés. Des enfants, décapités, le cerveau réduit en charpie. Une affaire délicate à quelques jours de l’ouverture d’une exposition majeure du musée : Superstitions…
Le lieutenant D’Agosta est dépêché sur place, cigare aux lèvres. Bientôt les disparitions s’accumulent, et Aloysius Pendergast ne va pas tarder à enfiler son plus beau costume pour tenter d’endiguer la vague meurtrière. Mais sont-ils de taille ?

RECOINS

Le terrain de chasse choisi par les auteurs est immense, gigantesque, aux recoins semblant se répéter à l’infini. Une poursuite infernale, où on ne sait différencier la proie du chasseur. Surtout quand la soirée d’inauguration de Superstitions se rapproche, et ce en dépit des atrocités qui frappent le musée. Marqué par de longs discours scientifiques, le récit se révèle intéressant mais manque manifestement de tranchant. La recherche de vérité est trop poussée, trop lente à se mettre en route, et les rebondissements peinent là aussi à captiver. Il faut attendre le dernier tiers du roman pour passer la seconde et rehausser l’intérêt. Mais celui-ci s’épuise à petit feu, comme ces personnages déambulant dans les dédales du musée. C’est à s’y perdre. Mais les explications, bien que trop fastidieuses, se trouvent être originales et bien senties.

CINÉMA

Relic a eu le droit à son adaptation cinématographique en 1997. Une traduction sur grand écran plutôt libre, divertissante. À noter également que ce roman a eu une suite : Le Grenier des Enfers.

‘L’Enfant des Cimetières’ de Sire Cédric

L'Enfant des Cimetières

SIRE CÉDRIC – L’ENFANT DES CIMETIÈRES

Année de parution : 2009
Nombre de pages : 432
Genre : Thriller – Fantastique
Édition : Le Pré aux Clercs


Quatrième de couverture
Quand l’horreur sonne à votre porte et que les démons deviennent réalité… Êtes-vous prêt à ouvrir le livre de vos nuits blanches ?

Lorque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.
Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ?
Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…


MÉLANGE

Mélange de thriller et de fantastique, L’Enfant des Cimetières est le premier roman de Sire Cédric. Auteur aux influences gothiques, il instaure ici un univers sombre, pesant, où la Mort rôde à chaque coin de page. Un homme décime sa famille. Violente, la scène de crime laisse pantois les policiers, peu habitués à ce genre d’aventure. Deux journalistes friands de sensationnalisme se dépêchent sur place pour immortaliser le décor sordide.
Le début d’une descente infernale, sur une route jonchée de cadavres ensanglantés.

CARNASSIER

Démarrant sur un rythme assez lent, le récit va monter en puissance tout en accumulant la profusion d’hémoglobine. Décrit par Sire Cédric lui-même comme étant son roman le plus gore, il faut avouer qu’il n’a pas menti. Même s’il y a pire. L’enquête sera menée en parallèle par deux groupes : celui d’Alexandre Vauvert, le colosse des forces de l’ordre, et celui des deux journalistes : David et Aurore. Alors que le premier groupe piétine et s’enfonce dans un marasme d’incompréhensions, le second va pousser plus loin, s’introduisant dans un monde peuplé d’ombres carnassières et d’un adolescent psychopathe.

CISELÉ

L’addition des deux genres — thriller et fantastique — est assez surprenant et passe parfois comme une solution de facilité pour l’auteur. Il défait les nœuds de son intrigue de manière trop simpliste et c’est fort regrettable, car il arrive à tenir en haleine grâce à une écriture ciselée et incisive, surtout dans le dernier tiers. Les investigations pour en arriver aux ultimes révélations traînent un peu en longueur et peinent à captiver. Cependant, Sire Cédric entretient le véritable mystère jusqu’à la fin, même s’il use de grosses ficelles pour y parvenir.

‘La Malédiction de Bethany’ de Robert McCammon

La Malédiction de Bethany

ROBERT McCAMMON – LA MALÉDICTION DE BETHANY

Année de parution : 1991
Nombre de pages : 314
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture
C’était un petit village tranquille, où les hommes n’osaient pas sortir après la tombée de la nuit.

D’abord séduit par l’atmosphère paisible de Bethany’s Sin, Evan commença à remarquer qu’il n’y avait que peu d’hommes dans le village et que la plupart d’entre eux étaient mutilés. .
Pour lui les Amazones appartenaient à l’Antiquité, voire à la légende. Jamais il n’aurait pu imaginer que le culte d’Artémis ait pu survivre en plein XXème siècle. Mais, la nuit, il y avait ces bruits de chevaux au galop. Le matin, ces voisins que l’on ne revoyait plus. Puis sa femme et sa petite qui commençaient à se conduire de manière étrange et avaient tellement envie de se mettre à l’équitation.


Le mythe des Amazones. Une légende sanglante, contant l’histoire de ces femmes guerrières ayant fait régner la terreur dans la région de Cappadoce (Anatolie, Turquie). Une rampe de lancement parfaite pour un récit d’horreur. Robert McCammon, auteur de L’Heure du Loup et du très remarqué Le Mystère du Lac, s’attaque donc à cette fresque de la mythologie grecque. Il a écrit cette histoire en 1980, publiée pour la première fois en France plus de dix ans plus tard.

BUCOLIQUE

1965 – Près de la Mer Noire : sous une chaleur écrasante, des archéologues découvrent les traces d’une ancienne civilisation. Certaine d’avoir sous les pieds un trésor d’une richesse inégalée, une femme du cortège, dont on ignore le nom, prend le risque de descendre dans les anfractuosités poussiéreuses de la montagne, au détriment de sa propre sécurité.

ANCESTRAL

1980 : Evan Reid, ancien militaire ayant servi au Vietnam, tente d’oublier ses démons et part s’installer à Bethany’s Sin avec sa femme et sa fille. Meurtri par son passé et en proie à de terribles cauchemars, cette destination idyllique va lentement se transformer en décor d’épouvante pour lui et sa famille. Cadre bucolique, voisins aimables et avenants, cette apparence paisible n’est qu’un vernis cachant la pourriture, et Evan, de part son métier d’écrivain, ne pourra s’empêcher de remarquer des faits troublants. Au fil de ses investigations, il interrogera plusieurs riverains, essentiellement des hommes, et mettra vite la main sur ce nœud inextricable, dangereux, qui place Bethany’s Sin sous la coupe d’un fléau ancestral.

HANTÉ

Court, ce roman est sympathique et McCammon distille le mythe par touches chargées d’hémoglobine, et le dessein diabolique dévoile son véritable aspect dans les dernières pages, confirmant ce qui se lit en filigrane tout au long du récit. Servi par des personnages non dénués d’intérêt, l’auteur propose une histoire typique à celles traitant de villages hantés, l’originalité du mythe en plus.

DU MÊME AUTEUR
L’Heure du Loup

‘1974’ d’Arnaud Codeville

1974

ARNAUD CODEVILLE – 1974

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 541
Genre : Horreur


Quatrième de couverture
A Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès.
La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause: elle serait hantée…
Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse.

Pour rien au monde il n’aurait raté ce moment…


Un souffle de l’imagination de Stephen King conjugué à la plume de Graham Masterton, et vous obtenez 1974, second récit auto-édité par Arnaud Codeville. Réalisant lui-même les couvertures de ses romans (au passage très bien travaillées), ce jeune auteur français s’inspire clairement des grands noms de l’horreur, tout en proposant sa propre vision à un genre particulier.

INSALUBRE

Une maison brûle à Sebourg, commune du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Une maison inhabitée, abandonnée et en proie aux pires spéculations. Orchestrée par les pompiers et la police, la mise à mort de cette baraque insalubre semble provoquer le soulagement de la population. Le décor est planté, la vieille bâtisse sera le cœur du roman.

VINTAGE

Codeville place son histoire en 1995 et donne à son intrigue un soupçon de vintage. Agréable à lire, les premières pages défilent, l’immersion est parfaite. Tous les ingrédients inhérents aux contes horrifiques sont présents : grincements inquiétants, apparitions effrayantes et hémoglobine en torrents. C’est donc intéressant de s’y plonger malgré les clichés.
L’auteur maîtrise son navire et les nombreux protagonistes présents à bord se côtoient avec justesse. Sans toutefois posséder l’impressionnante épaisseur des personnages aux récits du King, Codeville installe réellement une identité propre à chacun, et les dialogues gardent une grande constance.

PATINAGE

En dépit de ces qualités et d’un départ en boulet de canon, les longueurs se font sentir passé un moment. L’enquête semble patiner, et ce même si les réponses affluent. Paradoxe. Les retournements de situations se chevauchent pour devenir un fouillis difficilement inextricable, et les quelques références à Lovecraft laissent un peu sur la réserve.
Les crises hallucinatoires du flic principal et les coïncidences assez lourdes viennent ternir un tableau plus qu’honorable pour ce roman. Quoi qu’il en soit, Arnaud Codeville en a sous la main, et est un auteur à suivre.