‘Le Jour J du Jugement’ de Graham Masterton

Le Jour J du Jugement

GRAHAM MASTERTON – LE JOUR J DU JUGEMENT

Année de parution : 1987
Nombre de pages : 158
Genre : Horreur
Édition : NéO


Quatrième de couverture
Une petite route de Normandie, un char américain, abandonné depuis la fin de la guerre… Que contient-il ? Est-il à l’origine des phénomènes inexplicables et terrifiants qui se produi­sent dans la région ? Tout semble indiquer que le Jour J du Jugement est proche !


PEUR

Suisse normande, mois de décembre. Trente ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dan McCook, un américain, cartographe de profession, est missionné par un de ses amis, ce dernier souhaitant écrire un livre sur la région à l’époque de la Guerre. Une fois arrivé sur place, alors qu’il est en train de procéder à des relevés topographiques dans le froid mordant, deux vieillards l’accostent et entament la discussion avec le jeune étranger. Résistants durant l’occupation allemande de la France, ils lui content l’histoire d’un char américain gisant au milieu des ronces, non loin de Pont-d’Ouilly, petite commune située à un kilomètre de là où ils se trouvent. Un char dont personne n’ose s’approcher depuis son abandon, peu après la bataille de Normandie. Pourquoi tous les habitants du coin le craignent ? Il semblerait qu’une malédiction pèse sur lui, instaurant une peur noire et mystérieuse chez les locaux.
McCook, piqué par la curiosité, tente de mettre à jour une énigme passée trop longtemps sous silence, avec l’aide d’une fermière estampillée pur cru normand.

AURA

Ce roman de Graham Masterton se divise en deux parties s’avérant assez inégales. La première, où l’on suit McCook et sa fermière tentant de trouver un moyen de savoir, réellement, ce qui se cache derrière l’aura de ténèbres entourant ce char, relique d’un passé déjà terrifiant en soi. Suivre l’enquête de ces détectives du dimanche est assez sympathique et rythmée. Quelques personnages viendront prêter main forte du fait de leur savoir et leur expérience.

APATHIE

Ensuite, la seconde partie, elle, aura plus tendance à dévier vers la série Z un peu nanar. L’auteur place un récit original mais enchaîne quelques rebondissements un peu superflus servant de prétextes à faire avancer son histoire. Au bout du compte l’action en pâti un coup et l’ennui s’installe. Des personnages un peu grotesques et manquant de charisme (l’apathie de l’Armée anglaise est assez risible) et des démons timorés, il y a de quoi être frustré. Pour finir, l’auteur britannique use d’un retournement de situation inattendu lors de l’ultime affrontement, quoique fade et sans grand intérêt.

Sans laisser un grand souvenir, ce roman constitue tout de même un bon moment de lecture fantastique.

DU MÊME AUTEUR
Le Portrait du Mal

‘La Forteresse Noire’ de F. Paul Wilson

La Forteresse Noire

F. PAUL WILSON – LA FORTERESSE NOIRE

Année de parution : 1981
Nombre de pages : 384
Genre : Fantastique
Édition : J’ai Lu ‘SF’


Quatrième de couverture
« Quelque chose extermine mes hommes ! »

Adressé durant l’hiver 41 au Q.G. des armées du IIIe Reich, cet incroyable message, venu d’une antique forteresse de Transylvanie, est signé du capitaine Woermann, un soldat d’expérience…
Aussitôt le major SS Kaempffer lui est envoyé. Homme de fer, il va cependant découvrir la peur face au spectacle des cadavres atrocement déchiquetés. Et sa garde de SS est impuissante : chaque nuit fait une nouvelle victime, gorge sectionnée…
Alors Kaempffer, qui ne veut ni fuir ni renoncer, appelle à la forteresse un vieil archéologue et sa fille qui ont été tous deux initiés aux sciences interdites…
Mais d’où vient qu’à cet instant, au Portugal, un homme reçoit en rêve l’ordre impérieux de se rendre là-bas ? Il partira.
Bientôt tout est prêt pour un combat aux dimensions de l’humanité…


Paru initialement en 1981 sous le titre « Le Donjon« , ce roman fantastique — bien que rangé dans la catégorie science-fiction — a révélé cet auteur au grand public, l’histoire ayant même eu une adaptation cinématographique en 1983.

INDICIBLE

Avril 1941 – Un officier SS basé à Varsovie et ayant étrenné ses galons à Auschwitz est appelé en urgence par son supérieur. En effet un message inquiétant, venu de Roumanie, est arrivé jusqu’aux plus hautes instances nazis.

Dans ce pays ne subissant pas alors le joug des nazis, une poignée de soldats de la Wehrmacht a élu domicile depuis peu à l’intérieur d’un donjon abandonné, à l’orée d’un village perdu. Cette prise de position, à priori anodine, a un but politique visant à se prémunir d’une possible invasion des russes dans cette région pétrolifère.
Alors que les membres de l’armée allemande pensaient trouver un endroit calme voir ennuyant, une entité maléfique va surgir des entrailles de la vieille bâtisse et tuer les hommes présents, un par un, avec une froide sauvagerie et sans qu’une quelconque résistance ne soit possible.
Devant l’horreur indicible, le capitaine Woermann va donc demander du renfort auprès du commandement suprême.
Deux escouades d’einsatzkommando sont dès lors affectées au donjon pour tenter de mettre fin à ces agissements. Mais comment combattre une force invisible ?

LE DONJON

L’idée excellente de ce roman est de placer les membres de la Wehrmacht ainsi que les nazis dans une position de faiblesse. Ce sont eux qui se retrouvent piégés dans ce donjon, à la merci d’un tueur sanguinaire. Le rapport de force est pour le coup complètement inversé et la panique va rapidement s’installer dans le camp allemand.
Le cadre de l’histoire est assez restreint puisque toute l’action se concentre autour de l’édifice moyenâgeux et le petit village niché contre celui-ci. Ce n’est pas pour autant monotone, surtout que l’auteur fera intervenir, outre les allemands, deux juifs censés les aider (douce ironie assez amusante) et un autre être, très mystérieux quant à ses intentions.
Le juif, ancien professeur venant de Bucarest, fera des découvertes intéressantes à partir d’ouvrages retrouvés dans les catacombes du donjon, ouvrages interdits et censés être des légendes traitant de forces obscures et démonologie.

MYTHE REVISITÉ

Paul Wilson revisite le mythe vampirique avec une certaine originalité et place un bon nombre de rebondissements percutants dans le dernier tiers du roman. Il introduit également une histoire d’amour un peu fluette presque inhérente à tout récit de ce genre, mais qui permet une petite pause légère, comme une bulle d’air, avant de s’engouffrer à nouveau dans le vif du sujet et son contexte empli de violence.

La Forteresse Noire est une bonne lecture dans l’ensemble mais le final vient ternir la note, celui-ci étant trop simpliste, alors que l’intrigue telle qu’elle est construite peut faire croire à un dénouement détonnant.

‘Chasse à Mort’ de Dean R. Koontz

Chasse à Mort

DEAN R. KOONTZ – CHASSE À MORT

Année de parution : 1987
Nombre de pages : 473
Genre : Fantastique
Édition : Albin Michel


Quatrième de couverture
Deux créatures s’échappent d’un laboratoire scientifique dont le programme de recherches ultra-secrètes est centré sur les manipulations génétiques. L’un de ces cobayes, un retreiver, chien intelligent et sensible, est recueilli par Travis Cornell, ex-membre de la Delta Force. L’autre cobaye, le plus dangereux, aussi sauvage que sanguinaire, aussi intelligent qu’agressif, recherché par les services secrets, ne pense, lui, qu’à une chose : retrouver Einstein le retreiver et le tuer. La traque commence : d’un côté, un tueur hors du commun, de l’autre, fuyant, un retreiver, un homme et une femme…


Dean R. Koontz est un auteur de romans d’horreur, à l’instar de Stephen King. A la différence de ce dernier, il ne jouit pas de la même aura malgré une forte reconnaissance. Ayant publié de nombreux romans (dont certains ont eu droit à une adaptation cinématographique), on lui doit notamment La Nuit des Cafards et, dans le cas présent, Chasse à Mort.

ABOUTI

Ce livre est considéré comme le plus abouti de cet auteur. C’est le cas, il en est certain. Le plus abouti dans l’approche des personnages surtout. Koontz leur donne une réelle dimension et c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on peut suivre les aventures de Travis Cornell. Le lecteur le découvre dès le prologue et fait connaissance avec cet ancien Delta Force, un homme meurtri par des déboires et drames antérieurs à l’histoire. Bel homme, ayant gardé la forme malgré un manque d’enthousiasme évident, il décide un jour de printemps ensoleillé de partir se faire une randonnée solitaire en forêt, loin de chez lui et de sa grisaille quotidienne.
Alors que cette marche commence à lui aérer l’esprit et qu’il s’apprête à s’enfoncer un peu plus dans les bois, un retreiver tout crasseux sorti d’on ne sait où lui barre la route.
Ce sera le premier contact d’une rencontre qui bouleversa la vie de Travis Cornell.

FORMIDABLE

Le prologue, qui s’étale sur une dizaine de pages, est excellent et nous place d’emblée dans un contexte oppressant. Cependant, durant cette première partie, tout se joue sur la suggestion. Un bruit, une odeur, puis une impression d’être épié, des sueurs froides sans comprendre pourquoi, et voilà que tous les sens de l’ancien membre des forces spéciales se mettent en exergue.
Koontz manie cela parfaitement et marque là le commencement d’une formidable aventure, mêlant avec habileté horreur, humour, amour et action.

Plusieurs tranches de vie de personnages n’ayant aucun lien entre eux (du moins au début) sont décrits par l’auteur par le biais de courts sous-chapitres. On éprouve soit de l’empathie, de l’affection pour certains, soit au contraire une totale aversion. Mais tout ce petit monde prend vie sous nos yeux tellement la plume de Koontz est bluffante.
Le panel d’émotions des protagonistes est mis autant à l’épreuve que le nôtre, on se plonge dans l’histoire avec délectation car l’attachement que l’on peut éprouver pour quelques-uns d’entre eux provoque presque à coup sûr rires ou tristesse à moments. Ce sont des qualités indéniables que l’on ne saurait que admettre.

ÉVASION

L’auteur a choisi un thème qu’il affectionne puisque ce dernier se retrouve au cœur de plusieurs de ses romans : la génétique. Sans se perdre dans d’innombrables explications, il parvient toujours à se renouveler sur ce point et offre là une tournure intéressante et invite à se poser quelques questions. Et s’articule autour de cette science une chasse à mort croisée, où le prédateur devient proie.
Excellent de bout en bout, cet ouvrage permet d’agréables moments d’évasions (et ce malgré quelques passages bien sanglants).
Autant en profiter.

DU MÊME AUTEUR
Intensité
La Peste Grise

‘La Volupté du Sang’ de Nancy A. Collins

La Volupté du Sang

NANCY A. COLLINS – LA VOLUPTÉ DU SANG

Année de parution : 1989
Nombre de pages : 312
Genre : Fantastique
Édition : J’ai Lu ‘Épouvante’


Quatrième de couverture 
Claude Hagerty est infirmier dans un hôpital psychiatrique. Il pense souvent à une des patientes les plus dangereuses : une femme ayant tué un gardien en lui ouvrant la gorge avec ses dents. Un jour, elle parvient à s’enfuir de sa cellule en défonçant une vitre blindée. Claude, intrigué par cette inconnue, décide de mener une enquête. Il découvre qu’elle n’est autre que Denise Thorne, riche héritière disparue en 1969. Il ne comprend pas pourquoi elle n’a que 23 ans, alors qu’elle devrait en avoir 35…


La Volupté du Sang est le premier roman de Nancy A. Collins, mais également le premier (il en va de soi) ayant pour personnage principal Sonia Blue, vampire ayant gardé ses attributs humains, aussi bien intérieurs qu’extérieurs.

ALTERNATIVE

Le principal intérêt du roman tient dans le fait que l’auteur propose une alternative intéressante sur les origines des vampires, leur conception. Ce n’est pas les mièvreries de Twilight mais, même sans casser trois pattes à un canard, le tout reste divertissant. La page wikipédia consacrée au livre explique bien l’approche de Collins sur le mythe vampirique.
Sonia Blue est un monstre sanguinaire, certes, mais attachant. De part son caractère humain, vestige d’un passé auquel on l’a arraché de force alors qu’elle n’était qu’adolescente. Si elle a pu garder cette once d’humanité, c’est grâce à un événement ayant eu lieu aux prémices de sa transformation. Ce serait dommage d’en dévoiler davantage, même sans être une révélation dantesque. Elle est donc en lutte permanente avec son alter-égo vampirique, pure bête sauvage quant à lui, que l’on pourrait dire prisonnier du corps de Denise Thorne, véritable identité de Sonia Blue. En effet, le vampire n’a pu étendre sa mutation et prendre le total contrôle de Thorne puisque celle-ci n’est pas réellement morte. D’où un conflit perpétuel.

VENGEANCE

A première vue, l’histoire a l’air compliqué mais l’ensemble est bien traité. Le récit tarde cependant à trouver un véritable fil conducteur. Il est rapidement acquis qu’il y a une sombre affaire de vengeance mais sans plus d’informations durant pas mal de temps. Pour « combler », Collins nous narre la biographie de Denis Thorne, alias Sonia Blue donc, entre sa disparition du monde des vivants et son entrée dans le royaume des non-morts, ou « Faux-semblants ». On y découvre une myriade de bestioles aussi affreuses qu’impitoyables, tels les ogres, les vargr, succubes,…

C’est vraiment là une partie sympathique et les aventures de Blue se suivent allègrement. Beaucoup de personnages sont par ailleurs introduits mais sans donner de suite, comme son géniteur vampirique par exemple. Peut-être a-t-on des nouvelles dans les autres tomes.

DÉCOUSU

L’histoire s’étiole progressivement vers la conclusion et nous assistons enfin à un règlement de compte totalement décousu, flirtant avec le grotesque et l’incompréhensible. Au final, en dépit d’une atmosphère glauque et une écriture agréable, il est difficile de voir où veut nous mener l’auteur.

‘Le Livre des Âmes’ de Glenn Cooper

Le Livre des Âmes

GLENN COOPER – LE LIVRE DES ÂMES

Année de parution : 2011
Nombre de pages : 393
Genre : Fantastique
Édition : Cherche-Midi


Quatrième de couverture
1947. De mystérieux manuscrits médiévaux sont retrouvés dans les ruines d’une abbaye de l’île de Wight. Winston Churchill demande au président Truman de les prendre en charge. Celui-ci fait construire dans le désert du Nevada une base secrète destinée à les abriter et à les étudier. Son nom : Area 51.

2010. Un nouveau manuscrit fait surface à Londres, lors d’une vente aux enchères, Will Piper, ancien profileur du FBI, est engagé par d’anciens membres d’Area 51 pour en percer les secrets. Will y découvre, dissimulé dans la reliure, un poème écrit en 1581 par un de ses anciens propriétaires, William Shakespeare. Plus qu’un poème, c’est une véritable carte cryptée, relative au mystère des manuscrits. La résolution des énigmes qu’elle renferme nous transporte autour de l’année 1530, à Paris, où deux hommes commencent à faire parler d’eux, Jean Calvin et Michel de Nostradamus.


Après l’excellent Livre des Morts, Cooper sort une suite à son roman. Intitulé sobrement Le Livre des Âmes, ce second opus nous emmène six mois après la fin de l’Affaire Apocalypse. Cette suite était prévue puisqu’une découverte mineure mais inexpliquée ayant eu lieu dans Le Livre des Morts trouve sa réponse dans ce nouvel ouvrage.
L’histoire se concentre non pas sur la bibliothèque mais sur un volume en particulier, disparu depuis des siècles. Ce dernier recèle des trésors inestimables et il réapparaît à l’aube d’événements politiques de grandes ampleurs.
Autant dire que tout le monde est sur les nerfs.

RÉVÉLATION

Will Piper est désormais marié à sa coéquipière Nancy Lipinski, et un petit garçon est né de leur union.
Toujours bourré de clichés, Will est un personnage attachant (ou énervant, c’est selon) qui ne s’habitue pas à sa retraite forcée. Il reprend donc du service, officieusement, au grand dam de sa dame, à la recherche de sensations fortes et d’adrénaline. Car avec cette Affaire du siècle qui l’a laissé sur le carreau, il est loin d’en avoir terminé.
Alors que l’envie de partir de New-York lui démange de plus en plus, deux individus lui propose un dernier défi qui pourrait lui apporter toute la vérité. Car cette dernière, il est vrai incroyable révélation, seul le lecteur la connaît.

Cooper nous avait ainsi mis dans la confidence et ni Piper, ni aucun autre être humain présent dans Le Livre des Morts d’ailleurs, n’était au courant. La situation s’équilibre donc dans ce roman où l’enquête ressemble à une vaste chasse au trésor impliquant Nostradamus, Jean Calvin et Shakespeare. En effet, l’auteur relie subtilement les prédictions des deux premiers et l’écriture du troisième aux origines du manuscrit. Le style d’écriture est toujours aussi limpide, la vie au 16ème siècle est détaillée et bien retranscrite, bien qu’à certains passages la traduction laisse à désirer.

DYNAMIQUE

Chaque chapitre est court et dynamique, même si l’intrigue s’essouffle un peu sur la fin. Cette méthode utilisée par l’auteur permet de ne pas s’ennuyer et d’alterner plusieurs endroits et époques différentes se situant au cœur de l’action.
Le côté sombre de cette peur viscérale de la Mort qui est abordée au premier tome prend ici une intensité un peu plus forte puisque les différents protagonistes apprennent enfin l’effroyable réalité.

PLAISIR INTACT

Ce roman reste dans la continuité du premier tome, abordant ésotérisme et histoire de façon coordonnée, et nous plonge à nouveau dans le passé de l’abbaye de l’île de Wight, mais à une époque plus récente que celle vue dans Le Livre des Morts. Cette suite se lit sans problème, mais lire le premier tome est fortement conseillé, sinon la lecture sera peut-être moins palpitante.

Cooper agrémente son roman d’une légère synthèse sur la conclusion du premier tome si jamais l’envie vous manque. Au final, Le Livre des Âmes ne nous apprend pas grand chose de plus mais le plaisir reste intact une fois la dernière page tournée.

DU MÊME AUTEUR
Le Livre des Morts