‘Zombies T.1 – La Divine Comédie’ d’Olivier Peru

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ZOMBIES T.1 – LA DIVINE COMÉDIE

Année de parution : 2010
Nombre de pages : 48
Genre : Horreur
Édition : Soleil


Synopsis
L’être humain ne règne plus au sommet de la chaîne alimentaire. Les zombies lui ont volé sa place et rien ne semble pouvoir les arrêter. Est-ce la fin de l’humanité ? Pas sûr… pour certains ce n’est qu’un recommencement. Sam a fui les grandes villes et laissé sa fille derrière lui. Pourtant, maintenant que silence et désolation règnent sur les États-Unis, il la croit toujours en vie… Il doit la retrouver, il ne survivra qu’ainsi.


L’histoire de La Divine Comédie se place durant la seconde campagne présidentielle de Barack Obama (fictive à la date de sortie de l’album). L’action se déroule donc aux États-Unis, pays devenu ravagé par un virus décimant la population, ou un homme tente désespérément de survivre dans cet univers post-apocalyptique.
Refusant de sombrer et de mourir dans le seul et maigre espoir de revoir sa petite fille, celle-ci ayant disparu dans ce nouveau monde fait de feu et de sang, il découvre alors quelques groupes de survivants essayant de s’organiser afin de reconquérir la Terre.

Car oui, il faut avouer, l’homme n’est plus le superprédateur ultime.

INATTENDU

Ce scénario, très basique dans d’innombrables films de zombies, reste cependant cohérent et réserve même quelques surprises. Ce n’est pas forcément évident quand on sait qu’il n’y a pas beaucoup d’issues possibles pour ce genre d’histoire.
Le prologue nous présente déjà la situation : les morts-vivants, bêtes comme leurs pieds, mangent de l’humain à volonté, ce qui fait que la denrée se fait de plus en plus rare. Un homme s’évade de prison et tente de se frayer un passage pour échapper à ce carnage mais là, c’est le drame…
Une scène inattendue et irrésistible dès le début, et donc une franche rigolade avant d’entrer dans le vif du sujet.

IMPUISSANCE

L’ambiance sordide qui peut se dégager d’un long métrage horrifique peuplé de zombies colle parfaitement à cette bande dessinée. C’est gore, sombre, et l’impuissance et la fragilité des personnages tranchent complètement avec leur envie de changer les événements,
Les dessins sont également soignés. Chaque personnage est très vite identifié, ceux-ci possédant tous une identité visuelle, et les détails immondes des putréfiés sont bien présents. Le tout est rigoureux et c’est un vrai plaisir que de lire ce récit.
Après une première partie au rythme effréné, la seconde se calme un peu et l’on (re)découvre certaines caractéristiques si précieuses qui font la beauté de l’être humain : entraide et générosité. C’est touchant et cela donne à réfléchir sur nos propres existences, notre propre manière d’agir sur certains événements bien réels quant à eux.

ASSAUT

La troisième partie se signale par l’assaut, un assaut réfléchi mais quasi-désespéré des humains. Les dernières pages provoquent une grosse montée d’adrénaline en apportant leurs lots de frissons et d’émotions, nous laissant pantois devant un tel raz-de-marée. La page finale se fend d’une séquence bouleversante, poignante et cruelle, engendrant une superbe conclusion à cette vie sans espoir, à cette situation écœurante où la vulnérabilité du personnage principal nous prend aux tripes.

‘Nosferatu T.2 – Para Bellum’ d’Olivier Peru

Nosferatu T.2 - Para Bellum

NOSFERATU T.2 – PARA BELLUM

Année de parution : 2012
Nombre de pages : 56
Genre : Fantastique
Édition : Soleil


Quatrième de couverture
Tout mon être désire te vider de ton sang, mais cela serait trop doux. J’ai deux millénaires de douleur à partager avec toi.

Je veux que désormais, tu vives dans la haine et la peur.


Suite et fin du diptyque consacré au vampire originel : Nosferatu. Pas si originel que cela car le second tome nous en apprend plus sur la genèse du Mal. Nosferatu, accompagné de Vladek, nous conte la légende des ancêtres, les vampires les plus puissants et les plus vieux au monde. Ainsi, à travers de nombreux flashbacks, les auteurs nous entraînent dans l’une des plus anciennes civilisations, et sans doute aussi l’une des plus cruelles. C’est à travers elle que le vampire Nosferatu va naître, au côté d’un allié pour le moins surprenant. C’est totalement incongru mais tant pis, c’est hilarant et finalement ce n’est pas si indigeste que cela.

AMOUR

Le dessein du Nosferatu prend nettement plus forme mais, malgré sa puissance et son aura, il va vite avoir à rendre des comptes à des êtres tout aussi rusés que lui. Ainsi commence une guerre intense qui va vite atteindre son paroxysme. Surtout que la plus grande faille du vampire réside dans sa part d’humanité qui lui fait ressentir le sentiment propre à tous les mortels : l’amour.
Immortel ou pas, il va bien prendre cher à cause de ce « détail ».

DÉTRESSE

Sinon du côté des « gentils », il y a Éric, chasseur de vampires possédant, outre un goût prononcé pour la castagne, un vocabulaire très riche et varié. Ce brave homme, dont la vie a été brisée à tout jamais des années auparavant par une horde de vampires ayant décimé sa famille, se met en tête de tuer le Maître. Bon ok, mais cela exigera quelques sacrifices. L’histoire d’Éric, enfin celle d’avant le drame, nous est brièvement racontée les 3-4 premières pages. C’est gore, on ressent ce sentiment de détresse que peut éprouver un homme devant un tel carnage, mais surtout la mise en page est parfaite. La transition entre cette époque et la nôtre est également bien trouvée.

Ce deuxième opus est beaucoup plus sanglant que son prédécesseur, faute aux flashbacks qui nous livrent sur un plateau l’extrême férocité et les atrocités accomplies par les bêtes sanguinaires. Car, comme l’annonçait le premier tome, nous n’avons pas affaire à des vampires en guimauves. Le récit nous offre un bon moment de lecture, le tout agrémenté de dessins très corrects. C’est beau, puissant, et les différents détours dans l’histoire du Nosferatu sont bien manœuvrés. C’est costaud et on ne s’ennuie pas.

SPLENDIDE

La toute fin est, à mon sens, tout bonnement splendide et place cette bande dessinée un cran au-dessus de beaucoup d’autres.
Rien n’est fait à la légère, la trame principale possède des bases solides qui ont été consolidées tout au long des deux tomes, et a atteint réellement son apogée lors de ce final conclut magistralement. Car Nosferatu est à la fois le bon, le méchant, le bourreau et la victime. On ne sait dès lors plus où se situer et dans quel camp se placer.

En résumé, l’abondance de superlatifs pour commenter cette bande dessinée n’est certainement pas fortuite.

DANS LA MÊME SÉRIE
T.1 – Si Vis Pacem

‘Nosferatu T.1 – Si Vis Pacem’ d’Olivier Peru

Nosferatu T.1 - Si Vis Pacem

NOSFERATU T.1 – SI VIS PACEM

Année de parution : 2011
Nombre de pages : 48
Genre : Fantastique
Édition : Soleil


Quatrième de couverture
« Je boirai toutes vos douleurs et je vous rendrai ce que vous avez perdu. Croyez en moi, priez pour moi et je vous apporterai le salut. Car ici, cette nuit, nous fondons une église …
L’église de vos peines.

Et toutes les nuits,

je reviendrai, mes enfants … »


Encore une œuvre sur les vampires. Le succès des différents ouvrages ayant pour thème ces créatures ne s’est jamais démenti (d’ailleurs, le sera-t-il un jour ?), et Olivier Peru nous propose ici en qualité de scénariste, en collaboration avec un excellent dessinateur, une nouvelle histoire sur le mythe du vampire.

Mais pas n’importe lequel : ici il n’est pas question du célèbre et classique Dracula, ni de vampire mièvre façon Twilight. Là, Peru s’attaque au Nosferatu.

PUISSANCE ET CRUAUTÉ

Le Nosferatu est le nom officieux de Dracula, donné par Murnau dans son film muet en 1922. Le réalisateur allemand lui avait alors donné un aspect repoussant, chauve et bossu, blanc comme un linge et doté de doigts crochus. Bien loin de l’image du comte séducteur dans le roman de Bram Stocker.

C’est donc un mort-vivant plus proche de celui de Murnau qui nous est ici dévoilé. Mais le Nosferatu est dépeint comme le premier vampire, le plus puissant de tous.

Disparu de la surface de la Terre durant la seconde guerre mondiale, tout le monde le croyant anéanti, il réapparaît cependant près des bidonvilles de Bombay, un peu par hasard. Il est animé d’un certain esprit de revanche vis-à-vis d’une trahison dont il a subi les frais mais le premier tome de ce diptyque ne nous en apprend pas plus.
Sa résurrection est bien mise en avant avec un fond de page entièrement noir durant ce passage. De quoi nous laisser présager une histoire sombre, collant parfaitement avec l’image d’un vampire, qui plus est le premier de cette race. Les décors nauséabonds et remplis de pauvreté de l’Inde à la saison des pluies nous font comprendre que les auteurs n’ont pas choisi de nous laisser l’espoir d’une issue heureuse. D’ailleurs, non seulement Nosferatu effraie les humains, mais il terrifie encore plus les vampires, dont Vladek, son « enfant ».

FLASHBACKS

Le coup de crayon affirmé de Martino nous plonge dans quelques flashbacks, qui nous permettent d’en savoir un peu plus sur les personnages principaux (Nosferatu et Vladek) et de tracer les contours des motivations personnelles qu’ont ces deux vampires à se faire la guerre.
Magnifiques flashbacks d’ailleurs, qui se font par transitions intéressantes pour certaines (le corbeau nous menant vers Rome). Les humains et vampires ne peuvent qu’assister impuissants au réveil du monstre, ce dernier usant de ruses et de la force pour parvenir à on ne sait quel but.

Comme tout bon premier tome qui se respecte, on ne peut que supposer d’éventuels retournements de situations.

DANS LA MÊME SÉRIE