‘Soif de Sang’ de Robert McCammon

 

ROBERT McCAMMON – SOIF DE SANG

Année de parution : 1997
Nombre de pages : 607
Genre : Horreur
Édition : Lefrancq Littérature


Quatrième de couverture
DES MEURTRES EN CASCADE
DES DISPARITIONS
UN CIMETIÈRE PILLÉ

Le Mal, aussi vieux que les siècles, s’est abattu sur la Cité des Anges. Il est arrivé comme un terrible baiser donné par de séduisants immortels. Par petits groupes au départ, puis par légions, les non-morts ont envahi Los Angeles avec une détermination sanglante. La multitude de victimes augmente chaque nuit davantage. Sur les hauteurs de la ville, un groupe de résistants s’organise. Dans une maison appartenant à une ancienne gloire du cinéma, les survivants préparent leur confrontation avec le Prince des Ténèbres et ses disciples. Les forces de la nature vont se mêler au jeu et isoler la cité du reste du monde. Un immense tremblement de terre va laisser les habitants à la merci des suceurs de sang dont la soif ne sera jamais satisfaite…


Les vampires…
Retour ici à mes premiers amours littéraires, à ce qui me fait scintiller des yeux tel un enfant vaquant au milieu d’un magasin de jouets. Pas besoin d’en dire plus, vous l’aurez compris : j’adore tout (ou presque, faut pas déconner) ce qui se rattache à ces créatures de la nuit. Impossible, même en sondant méticuleusement ma mémoire, de remonter aux raisons de cet engouement. Je ne l’explique pas, mais au milieu de cette peuplade de monstres qui hantent nos cauchemars depuis déjà pas mal de générations, les morts-vivants aux canines pointues remportent haut la main le césar de la meilleure bestiole horrifique. C’est donc avec une joie non dissimulée que je me suis procuré Soif de Sang de Robert McCammon. L’auteur, qui a fait des récits d’horreur sa spécialité, a donc lui aussi surfé sur cette mode décidément inextinguible en imaginant une histoire bourrée de poncifs — après tout, le roman date de 1981. Ail, pieux, soleil, eau bénite et cercueils remplis de terre natale sont bien présents. La dose de kitsch parfaite pour un bon divertissement.

VANDALISME

Andy Palatazin à les nerfs à vif. Ce capitaine de police bedonnant est sur la sellette depuis qu’un psychopathe s’amuse à torturer et assassiner des prostituées. Ces dernières sont retrouvées étranglées, une poignée de cafards dans la bouche. Une mise en scène intrigante pour un tueur insaisissable. Les cadavres s’accumulent tandis que les médias se lâchent et tournent au ridicule Palatazin et son équipe. Le flic d’origine hongroise reste de marbre face à ces injures et prend son mal en patience, jusqu’à ce qu’il découvre des crimes d’un nouveau genre perpétrés au sein de son comté : le vandalisme de cimetières. Des tombes sont profanées, éventrées, mises à nue. Les dépouilles de leurs propriétaires gisent sur le sol, violemment arrachées aux sépultures par une force inconnue. La vision est insoutenable. Détail troublant : tous les cercueils ont été volés. Pour Andy, le doute n’est pas permis, même s’il se refuse à y croire : les créatures légendaires ayant brisé son enfance et emporté la santé mentale de sa mère se cachent désormais à Los Angeles. Dans le même temps, Kobra, un jeune biker brutal et sanguinaire, arpente la Texas State Highway 285 au guidon de sa Harley Davidson. Mû par son instinct, il souhaite rallier la cité des Anges le plus rapidement possible, comme un camé en manque reniflant l’odeur de sa came de prédilection.
Ses désirs ne se réduisent plus qu’à une seule voix résonnant à l’intérieur de son crâne, répétant en boucle deux mots tel un disque rayé : « Suis-moi ».

PROGÉNITURE

Soif de Sang alterne le chaud et le froid. Passé un prologue convenable qui donne envie de s’aventurer plus loin, l’auteur nous emmène à l’enquête en cours concernant ce tueur aux cafards. Les séquences s’enchaînent bien mais manquent un peu de saignant — ah… ok. On me signale qu’il faut arrêter ces blagues pourries. Les vampires, bien que leur aura maléfique plane dès les premières pages, doivent attendre un bon moment avant de faire une apparition tant désirée. Après tout, McCammon a du temps pour tout nous expliquer à travers ces 600 pages. L’histoire se fractionne tout d’abord en plusieurs parties, autant de personnages qui auront plus ou moins leur importance. Sympa, mais long. Puis, ou plutôt enfin, lorsque la progéniture du Diable s’abat sur une population désarçonnée, le rythme s’emballe et quelques scènes tirent leur épingle du jeu. Mais qu’elles sont rares ! À peine est-on enfin bien installé que la cadence diminue. De vraies montagnes russes. Et quand McCammon trouve une idée alléchante, il la fait traîner un peu trop longtemps, même si le rendu donne vraiment l’illusion d’une ville coupée du monde.

EXTRAVAGANT

Slalomant entre les enchaînements plongeant un peu trop dans la facilité et les personnages auxquels on ne s’attache pas, sans parler du dénouement un peu extravagant (oui pourtant, je sais, c’est une histoire de vampires), le constat final est bien maigrelet, sans pour autant avoir tout à jeter.

DU MÊME AUTEUR
L’Heure du Loup
La Malédiction de Bethany

‘La Malédiction de Bethany’ de Robert McCammon

La Malédiction de Bethany

ROBERT McCAMMON – LA MALÉDICTION DE BETHANY

Année de parution : 1991
Nombre de pages : 314
Genre : Horreur
Édition : Pocket ‘Terreur’


Quatrième de couverture
C’était un petit village tranquille, où les hommes n’osaient pas sortir après la tombée de la nuit.

D’abord séduit par l’atmosphère paisible de Bethany’s Sin, Evan commença à remarquer qu’il n’y avait que peu d’hommes dans le village et que la plupart d’entre eux étaient mutilés. .
Pour lui les Amazones appartenaient à l’Antiquité, voire à la légende. Jamais il n’aurait pu imaginer que le culte d’Artémis ait pu survivre en plein XXème siècle. Mais, la nuit, il y avait ces bruits de chevaux au galop. Le matin, ces voisins que l’on ne revoyait plus. Puis sa femme et sa petite qui commençaient à se conduire de manière étrange et avaient tellement envie de se mettre à l’équitation.


Le mythe des Amazones. Une légende sanglante, contant l’histoire de ces femmes guerrières ayant fait régner la terreur dans la région de Cappadoce (Anatolie, Turquie). Une rampe de lancement parfaite pour un récit d’horreur. Robert McCammon, auteur de L’Heure du Loup et du très remarqué Le Mystère du Lac, s’attaque donc à cette fresque de la mythologie grecque. Il a écrit cette histoire en 1980, publiée pour la première fois en France plus de dix ans plus tard.

BUCOLIQUE

1965 – Près de la Mer Noire : sous une chaleur écrasante, des archéologues découvrent les traces d’une ancienne civilisation. Certaine d’avoir sous les pieds un trésor d’une richesse inégalée, une femme du cortège, dont on ignore le nom, prend le risque de descendre dans les anfractuosités poussiéreuses de la montagne, au détriment de sa propre sécurité.

ANCESTRAL

1980 : Evan Reid, ancien militaire ayant servi au Vietnam, tente d’oublier ses démons et part s’installer à Bethany’s Sin avec sa femme et sa fille. Meurtri par son passé et en proie à de terribles cauchemars, cette destination idyllique va lentement se transformer en décor d’épouvante pour lui et sa famille. Cadre bucolique, voisins aimables et avenants, cette apparence paisible n’est qu’un vernis cachant la pourriture, et Evan, de part son métier d’écrivain, ne pourra s’empêcher de remarquer des faits troublants. Au fil de ses investigations, il interrogera plusieurs riverains, essentiellement des hommes, et mettra vite la main sur ce nœud inextricable, dangereux, qui place Bethany’s Sin sous la coupe d’un fléau ancestral.

HANTÉ

Court, ce roman est sympathique et McCammon distille le mythe par touches chargées d’hémoglobine, et le dessein diabolique dévoile son véritable aspect dans les dernières pages, confirmant ce qui se lit en filigrane tout au long du récit. Servi par des personnages non dénués d’intérêt, l’auteur propose une histoire typique à celles traitant de villages hantés, l’originalité du mythe en plus.

DU MÊME AUTEUR
L’Heure du Loup
Soif de Sang

‘L’Heure du Loup’ de Robert McCammon

L'Heure du Loup

ROBERT McCAMMON – L’HEURE DU LOUP

Année de parution : 1990
Nombre de pages : 432
Genre : Fantastique – Espionnage
Édition : Presses de la Cité


Quatrième de couverture
Michael Gallatin est un as de l’espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l’éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s’acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l’opération « Poing d’Acier », le mieux gardé des plants secrets nazis.

L’auteur nous gratifie non pas d’une mais de deux histoires bien distinctes. Outre la trame principale, les origines de Michael nous sont dévoilées. Il n’y a aucun rapprochement entre les deux récits : l’un est un mélange d’espionnage sous fond de seconde guerre mondiale et l’autre est purement fantastique. La longueur du roman en prend un coup, c’est bien normal, et l’histoire en elle-même, celle concernant « Poing d’Acier », débute aux alentours des 200 pages.

DEUX HISTOIRES

Présenté comme tel, la tâche paraît rébarbative. Mais la plume de l’auteur possède un talent certain et il y a tout de même peu de moments de relâche, le livre alternant entre la progression de Michael au milieu du chaos de la guerre (première histoire) et la genèse du lycanthrope, dans un endroit reculé d’une forêt russe (deuxième histoire). Cette dernière est beaucoup plus chargée en actions, et l’on suit pas à pas l’entrée de Michael dans un monde étranger aux humains : celui du loup, où les bêtes, aussi sanguinaires soient-elles, tuent pour se protéger et se nourrir. Triste paradoxe face aux nazis qui tuent uniquement par plaisir et ignorance.

Qui est le monstre dans toute cette mascarade ?

HORREUR ABSOLUE

Ces bêtes vivent recluses, loin des barbaries et autres inepties dont est capable l’être humain. C’est sûrement la plus belle partie de ce roman qui, malgré quelques passages bien sanglants, nous propose un moment de court répit avant de retourner dans l’enfer du Troisième Reich. McCammon nous montre par moments l’horreur absolue, celle organisée par les nazis dans les camps de concentration ou dans des pièces de théâtres sordides où les prisonniers juifs sont torturés et humiliés devant un public nazi hilare. Aucun élan de sympathie ne peut être accordé à ces êtres qui ont été nourris avec la folie du Führer.

Le fait que Michael soit un loup-garou nous procure un plaisir non dissimulé car ces visions apocalyptiques provoque en lui une irrépressible envie de carnage envers ces monstres que sont les nazis.

MITIGÉ

Sinon, pour en revenir à l’histoire principale, le scénario est truffé de caricatures. Ce n’est pas désagréable, loin de là, mais chaque personnage possède en lui un cliché vu et revu maintes fois. La lycanthropie de l’espion est utilisée de manière trop sporadique et sert de prétexte facile au héros pour se dépêtre de situations à priori inextricables.
L’intrigue ne passe pas la seconde vitesse et le récit reste linéaire. Aucun moment ne nous procure une montée d’adrénaline et le dénouement reste décevant. C’est bien dommage, d’autant plus que le récit est accrocheur.

Au final, un avis plutôt mitigé en ressort : agréable à lire mais un sentiment d’inachevé est également présent.

DU MÊME AUTEUR
La Malédiction de Bethany
Soif de Sang