‘Comme une Tombe’ de Peter James

Roy Grace. Trois syllabes. Facile à mémoriser, percutant. Personnage récurrent de l’univers de Peter James, le commissaire aux croyances dans le paranormal fait parler de lui pour la première fois dans ce roman paru en 2005. Alors âgé de 38 ans, doté d’un physique puissant mais pourtant pas bien grand, cet homme tente désespérément de se remettre de la disparition de sa femme quelques années auparavant. Par disparition, il n’est pas question de décès (du moins on ne le sait pas encore) mais de volatilisation. Magie ! En effet, son épouse s’est évaporée dans la nature il y a presque neuf ans. Une éternité, Grace devenant progressivement comme ces âmes damnées qui errent à jamais le long du Styx : perdu, sans repères, livré à lui-même.

PRIORITÉ

Cet approche du personnage m’a sensiblement rappelé une série télé que j’affectionne particulièrement : Monk. Un policier bourré de tocs et développant de nombreuses phobies qui ne s’est jamais entièrement remis de la disparition de sa femme. Voilà, petite anecdote sans grand intérêt mais que je voulais placer. Par contre, la quatrième de ce roman m’a captivé. Je me suis demandé : mais comment c’est possible ? J’ai l’habitude (moins maintenant) de lire mes romans par ordre d’achat. C’est un peu concon mais j’aime bien procéder ainsi, ça me donne l’impression d’être carré et de ne pas trop m’éparpiller. Ce qui est loiiiiin d’être le cas en vrai (pensée émue pour ma compagne qui doit subir ça ❤). J’ai donc délaissé pas mal de bouquins et fait passer Comme une Tombe en priorité. Il fallait que je sache. Absolument. La marque des grands romans peut-être.

TROIS VÉRITÉS

Le roman commence classique, on a une vue d’ensemble sur la soirée un peu trop arrosée de l’enterrement de vie de garçon, la bande de copains prête à réaliser une bonne grosse connerie. Ladite connerie exécutée, les joyeux lurons vont s’encastrer bien comme il faut dans une bétonnière, à bord de leur van. Une fin affreuse qui laisse définitivement seul leur ami préalablement enterré. Mais comment ? Même en écrivant cette chronique, même en sachant le fin mot de l’histoire, j’arrive encore à me demander comment c’est possible. Bizarre non ? Mais la quatrième n’explique pas tout, bien évidemment ! Elle laisse de côté de précieux renseignements qui seront divulgués assez rapidement lors de la lecture, et ça m’a permis d’appréhender le pourquoi du fameux comment ! Et quand bien même la vérité éclate, hop ! Peter James nous en sort une deuxième que l’on avait vraiment pas vu venir, puis une troisième pour bien t’enfoncer ! Si si ! Peuplée de personnages tous plus intéressants les uns que les autres, l’intrigue est bien tournée et l’auteur négocie proprement quelques virages inattendus, juste de quoi relancer l’intérêt par moments.


PETER JAMES – COMME UNE TOMBE

Année de parution : 2005
Nombre de pages : 432
Genre : Thriller
Édition : Pocket


Quatrième de couverture
Mauvaise blague : Michael se retrouve dans un cercueil six pieds sous terre avec du whisky et une revue érotique pour son enterrement de vie de garçon. Les heures passent, personne ne vient le chercher, la fiancée s’inquiète et fait appel à Roy Grace. Pour le localiser, l’inspecteur n’a qu’une seule piste : les témoins du mariage, tous morts dans un accident de voiture…

‘Des Enfants Trop Parfaits’ de Peter James

Des Enfants Trop ParfaitsUne solution désespérée, la tentation de l’eugénisme…
John et Naomi Klaesson ont choisi de basculer dans les méandres obscurs de la science, prêt à tout pour se donner une nouvelle chance. Heurtés de plein fouet par la mort de leur jeune garçon quelques années auparavant, le couple prend une décision délicate et clairement dérangeante : avoir un bébé ‘sur mesure’.
Bercés par cette perspective séduisante, ils se tournent alors vers un chirurgien à la renommée aussi sulfureuse que controversée : le Dr. Dettore. Ce dernier leur promet l’impensable. Sélectionner, gène par gène, les caractéristiques physiques et mentales de leur prochain enfant. Un enjeu de taille, où l’éthique n’a plus sa place. Bien qu’effrayés par de telles manipulations, ils acceptent cette sombre promesse, au détriment de toute morale.
Car sous ce vernis se cache de terribles vices. On ne joue pas avec la Nature…

ÉLITISME

Posant sans relâche questions, la trame de ce roman est excellente de par sa construction. Critique envers ces avancées scientifiques, envers ces institutions à la recherche d’un élitisme aveuglant, Peter James procure un flot de sensations à travers ce récit mené tambour battant. Mêlant le thriller à l’anticipation, l’histoire dresse un portrait peu reluisant d’une société plus égocentrique que jamais, constamment à la recherche d’un bonheur illusoire. Et franchement, le résultat est excellent. La progéniture OGM de John et Naomi se rendra facilement compte de cette supercherie désincarnée que l’on nomme humanité. Même si tout n’est pas à jeter, fort heureusement.

PESSIMISME

Acculés par les agissements meurtriers d’une secte fanatique, John et Naomi vont vite se retrouver confrontés à une peur immuable, les contraignant à vivre dans un pessimisme saisissant. Ont-ils fait le bon choix ? Que leur réserve l’avenir ? Des questions sensibles, qui trouveront réponses dans un final terrifiant, d’une profonde tristesse.


PETER JAMES – DES ENFANTS TROP PARFAITS

Année de parution : 2014
Nombre de pages : 546
Genre : Thriller
Édition : Fleuve Noir


Quatrième de couverture
Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder la famille dont ils ont toujours rêvé. Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ?

Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.