‘Le Serment des Limbes’ de Jean-Christophe Grangé

 

JEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ – LE SERMENT DES LIMBES

Année de parution : 2007
Nombre de pages : 652
Genre : Thriller
Édition : Albin Michel


Quatrième de couverture
Quand on traque le Diable en personne, jusqu’où faut-il aller ?


CATHOLICISME

Luc et Matthieu sont flics au 36. Un duo hors-pair, implacable, coulé dans un métal inoxydable. Les deux hommes sont amis depuis l’adolescence, époque charnière placée sous le sceau du catholicisme. Fervents pratiquants, ils n’ont cependant pas les mêmes idéaux. Deux visions que tout oppose, deux chevaux de bataille aux antipodes, mais qui traceront une même et unique voie. Tout bascule le jour où Luc se suicide. Mort clinique. Et bien vivant. Son existence ne tient plus qu’à un fil ténu, vacillant au-dessus d’un précipice sans fond. Ce sera le point de départ d’une enquête incroyable, d’une puissance destructrice.

CHAOTIQUE

Matthieu ne croit pas à la thèse du suicide. Tous les indices abondent en ce sens, pourtant le commandant n’en démord pas : son ami ne peut pas avoir commis ce geste, affront ultime envers sa religion. Leur religion. Déterminé à mettre la lumière sur cet acte désespéré, Matthieu va remonter le cours du temps, mettant le doigt sur une enquête secrète que menait Luc. Dévoré par la curiosité et l’envie de comprendre, Matthieu suivra ce sillon pestilentiel, vecteur de morts atroces. Dévoilant peu à peu un scénario inouï, ce voyage lui fera traverser l’hexagone, pour l’envoyer aux confins de l’Europe. Une mission chaotique, sanglante. Envoûtante.

SIGNATURE

La signature Grangé est vraiment unique. De l’action pure et dure, aussi violente qu’un rail de coke, laissant peu de place aux sentiments. Le Serment des Limbes est un pavé mais il capte le lecteur d’un claquement de doigts. Un hypnotisme fou, dense et efficace. L’intrigue est une nouvelle fois énorme, tellement complexe que l’on croirait une toile d’araignée gigantesque, aux dimensions inédites. Comme un vulgaire insecte, l’auteur nous propulse sur cette fresque violente, proposant un casse-tête insolite. Une habitude chez lui. Fort d’une documentation exceptionnelle, Grangé nous paume dans un labyrinthe immense pour mieux nous en extraire, avant d’asséner un dernier coup de massue derrière la tête. Un rythme intense, des idées percutantes, mises en place avec talent. Un cocktail savoureux. Malgré la longueur du récit, la lecture n’en reste pas moins séduisante.

DU MÊME AUTEUR
Kaïken

‘Kaïken’ de Jean-Christophe Grangé

Kaïken

JEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ – KAÏKEN

Année de parution : 2012
Nombre de pages : 480
Genre : Thriller
Édition : Albin Michel


Quatrième de couverture
Quand le Soleil Levant devient un Soleil Noir,
Quand le passé devient aussi tranchant qu’une lame nue,
Quand le Japon n’est plus un souvenir mais un cauchemar,

Alors, l’heure du kaïken a sonné.


DÉPART EN TROMBE

Kaïken commence en trombe puisque la première page est à peine tournée que nous sommes déjà happés au beau milieu d’une enquête, celle concernant un tueur en série éventrant les femmes enceintes. Le commandant Olivier Passan, flic aux méthodes peu conventionnelles ayant relégué au second plan sa vie personnelle (en gros l’archétype du policier désormais), n’en démord pas et son intuition lui a livré le nom de l’assassin. Lancé à ses trousses, épaulé de son fidèle adjoint, sobrement surnommé « Fifi », il outrepasse ses droits et ignore les mises en garde de sa hiérarchie, obnubilé par sa quête de vérité. Grangé use régulièrement du langage ordurier, comme s’il souhaitait rendre plus réaliste les scènes. Malgré un début fortement ponctué d’insultes, cela se calme par la suite, même si de temps à autre un « fils de pute » additionné d’un « connard » n’hésitent pas à pointer le bout de leur nez.

La mise en forme est assez originale puisque nous avons l’identité du meurtrier dès le début. Toutefois, Passan va devoir remonter à la surface les preuves de sa culpabilité grâce aux travaux de recherches effectués par lui et son équipe. L’investigation permettra progressivement de lancer la seconde partie, celle-ci arrivant tout de même un peu tel un cheveu sur la soupe.

L’AMOUR DU JAPON

Ce second segment n’a en effet aucun lien avec le premier mais déclenche véritablement l’intrigue principale, celle portée sur le Japon et ses traditions. Olivier Passan nous est alors dépeint comme un homme aveuglé par sa passion du pays du Soleil levant, ses soi-disant codes et rites. Fasciné par le sens de l’honneur des japonais, il n’hésitera pas à pousser son engouement jusqu’à l’extrême, rendant risibles certaines situations. En clair, malgré toutes ses connaissances pourtant approfondies sur le sujet, il reste terriblement naïf sur le plan réel.
C’est captivant de s’immerger dans cette culture, même si cela a parfois tendance à être plus caricatural, du point de vue de Passan surtout.
Comble de l’ironie, le commandant est marié à une japonaise, comme s’il tenait là la récompense de tout son amour éprouvé envers le Japon. Mais cette idylle sera très vite mise à mal et confrontée à des cauchemars profondément enfouis dans le passé, et ce au cœur-même du Japon.

SAUCE SAMOURAÏ

Le roman se lit vite, sans accrocs, bien que certains passages mériteraient de plus amples explications. Les scènes de meurtres ne sont pas détaillées à outrance ; cela évite ainsi une complaisance malsaine (l’auteur s’en donne parfois à cœur joie dans ses romans) mais elles restent tout de même bien sanglantes.
Avec un final à la sauce samouraï un brin ridicule, Grangé nous propose une histoire simple d’accès, sympathique mais sans plus.

DU MÊME AUTEUR
Le Serment des Limbes