‘Le Livre des Âmes’ de Glenn Cooper

Le Livre des Âmes

GLENN COOPER – LE LIVRE DES ÂMES

Année de parution : 2011
Nombre de pages : 393
Genre : Fantastique
Édition : Cherche-Midi


Quatrième de couverture
1947. De mystérieux manuscrits médiévaux sont retrouvés dans les ruines d’une abbaye de l’île de Wight. Winston Churchill demande au président Truman de les prendre en charge. Celui-ci fait construire dans le désert du Nevada une base secrète destinée à les abriter et à les étudier. Son nom : Area 51.

2010. Un nouveau manuscrit fait surface à Londres, lors d’une vente aux enchères, Will Piper, ancien profileur du FBI, est engagé par d’anciens membres d’Area 51 pour en percer les secrets. Will y découvre, dissimulé dans la reliure, un poème écrit en 1581 par un de ses anciens propriétaires, William Shakespeare. Plus qu’un poème, c’est une véritable carte cryptée, relative au mystère des manuscrits. La résolution des énigmes qu’elle renferme nous transporte autour de l’année 1530, à Paris, où deux hommes commencent à faire parler d’eux, Jean Calvin et Michel de Nostradamus.


Après l’excellent Livre des Morts, Cooper sort une suite à son roman. Intitulé sobrement Le Livre des Âmes, ce second opus nous emmène six mois après la fin de l’Affaire Apocalypse. Cette suite était prévue puisqu’une découverte mineure mais inexpliquée ayant eu lieu dans Le Livre des Morts trouve sa réponse dans ce nouvel ouvrage.
L’histoire se concentre non pas sur la bibliothèque mais sur un volume en particulier, disparu depuis des siècles. Ce dernier recèle des trésors inestimables et il réapparaît à l’aube d’événements politiques de grandes ampleurs.
Autant dire que tout le monde est sur les nerfs.

RÉVÉLATION

Will Piper est désormais marié à sa coéquipière Nancy Lipinski, et un petit garçon est né de leur union.
Toujours bourré de clichés, Will est un personnage attachant (ou énervant, c’est selon) qui ne s’habitue pas à sa retraite forcée. Il reprend donc du service, officieusement, au grand dam de sa dame, à la recherche de sensations fortes et d’adrénaline. Car avec cette Affaire du siècle qui l’a laissé sur le carreau, il est loin d’en avoir terminé.
Alors que l’envie de partir de New-York lui démange de plus en plus, deux individus lui propose un dernier défi qui pourrait lui apporter toute la vérité. Car cette dernière, il est vrai incroyable révélation, seul le lecteur la connaît.

Cooper nous avait ainsi mis dans la confidence et ni Piper, ni aucun autre être humain présent dans Le Livre des Morts d’ailleurs, n’était au courant. La situation s’équilibre donc dans ce roman où l’enquête ressemble à une vaste chasse au trésor impliquant Nostradamus, Jean Calvin et Shakespeare. En effet, l’auteur relie subtilement les prédictions des deux premiers et l’écriture du troisième aux origines du manuscrit. Le style d’écriture est toujours aussi limpide, la vie au 16ème siècle est détaillée et bien retranscrite, bien qu’à certains passages la traduction laisse à désirer.

DYNAMIQUE

Chaque chapitre est court et dynamique, même si l’intrigue s’essouffle un peu sur la fin. Cette méthode utilisée par l’auteur permet de ne pas s’ennuyer et d’alterner plusieurs endroits et époques différentes se situant au cœur de l’action.
Le côté sombre de cette peur viscérale de la Mort qui est abordée au premier tome prend ici une intensité un peu plus forte puisque les différents protagonistes apprennent enfin l’effroyable réalité.

PLAISIR INTACT

Ce roman reste dans la continuité du premier tome, abordant ésotérisme et histoire de façon coordonnée, et nous plonge à nouveau dans le passé de l’abbaye de l’île de Wight, mais à une époque plus récente que celle vue dans Le Livre des Morts. Cette suite se lit sans problème, mais lire le premier tome est fortement conseillé, sinon la lecture sera peut-être moins palpitante.

Cooper agrémente son roman d’une légère synthèse sur la conclusion du premier tome si jamais l’envie vous manque. Au final, Le Livre des Âmes ne nous apprend pas grand chose de plus mais le plaisir reste intact une fois la dernière page tournée.

DU MÊME AUTEUR
Le Livre des Morts

‘Le Livre des Morts’ de Glenn Cooper

Le Livre des Morts

GLENN COOPER – LE LIVRE DES MORTS

Année de parution : 2010
Nombre de pages : 419
Genre : Fantastique
Édition : Cherche-Midi


Quatrième de couverture
New York, mai 2009. Six morts violentes se succèdent en quelques jours. Les modes opératoires sont différents, les victimes n’ont aucun point commun, hormis celui d’avoir reçu quelque temps plus tôt une carte postale de Las Vegas, avec une simple date, celle du jour de leur mort.
Très vite, la presse s’empare de l’affaire et celui qu’elle surnomme le  » tueur de l’Apocalypse  » a tôt fait de semer la psychose dans la ville. Les autorités, désorientées par l’absence d’indices, se tournent vers Will Piper, ancien profiler d’élite dont la carrière a été brutalement interrompue à la suite d’un drame personnel.
Lorsque de nouvelles cibles reçoivent à leur tour des cartes postales leur indiquant le jour de leur mort, Will va tout mettre en œuvre pour empêcher le tueur d’agir à nouveau. Mais les noms des victimes sont déjà dans Le Livre des morts…

L’enquête de Will ne va pas tarder à prendre un tournant complètement imprévu pour le mener au cœur des secrets les mieux gardés du gouvernement américain. Une mission confidentielle de Churchill en 1947 auprès du président Truman, un monastère sur l’île de Wight, la zone 51 : autant de pièces d’un puzzle machiavélique que Will devra résoudre pour faire triompher la vérité.


Le Livre des Morts est le premier roman de Glenn Cooper. Précédé d’une réputation flatteuse depuis sa parution courant 2010, ce livre mérite amplement les louanges qui lui sont adressées.

Fortement bien construit, les quelques quatre cents pages ne souffrent d’aucune longueur, d’aucune fantaisie et d’aucune description inutile. Tout s’empile facilement et la lecture est fluide, limpide et chaque page nous donne l’envie d’en savoir plus. Pourtant, l’histoire paraît des plus banales, un simple polar sans prétention, sans plus.

ERA ET SEAN CONNERY

Mais au-delà de cette histoire de serial-killer, l’auteur nous entraîne dans différentes époques de notre monde, afin de percer à jour le plus formidable et le plus terrifiant secret de l’humanité.
Au travers de ses nombreux protagonistes, le récit nous projette loin en arrière dans le temps, jusqu’en l’an 777, sur l’île de Wight, petite péninsule Anglaise. L’histoire se déroule alors dans une abbaye, et nous assistons à la naissance d’un être. Cette naissance, source de nombreuses craintes, constitue là le point de départ de l’intrigue. Le cadre (l’île) est judicieusement bien choisi (quoi de mieux qu’un endroit reclus du monde pour un phénomène mystique), et être spectateur de la vie au Moyen-Âge est un véritable enchantement.
Ayez en tête les chants grégoriens d’Era et quelques passages du roman (ou du film) Le Nom de la Rose, et vous arriverez à bon port.

Les meurtres décrits lors de la toute première partie du roman, bien qu’étant de véritables casse-têtes pour les enquêteurs, peuvent être facilement élucidés si l’on y prête attention. C’est un peu dommage mais là n’est pas l’intérêt de ce roman (ce n’est que la partie visible de l’iceberg) : en effet, les différentes révélations égrenées au cours de l’histoire ne cessent d’étonner et chaque page apporte son lot de questions, ainsi que l’envie de tout savoir, connaître ce formidable secret.
L’auteur assène un dernier coup par une ultime révélation, la plus excitante de toutes, à la dernière page.

TOP-SECRET

Chaque protagoniste introduit ne l’est pas par hasard, chacun à son mot à dire, son utilité dans le bon déroulement de l’action. Tout se rejoint, tout est lié, tout à un sens.
Certains personnages n’évitent pas les poncifs du genre, tel que Will. Flic émérite, proche de la retraite mais à qui l’on confie l’affaire du siècle. Forcément il en a gros sur la patate, il jure à tout bout de champ et on lui colle une jeune recrue, mignonne hein, qui a le sens du devoir.
Croisement entre John McClane (Die Hard) et de David Mills (Seven), donc agent de police aux méthodes rudes mais au sourire ravageur, il va avec l’aide de sa collègue remonter jusqu’aux traces du tueur mais seront stoppés dans leur élan. Il y a du top-secret là-dessous, et la curiosité étant un vilain défaut, on ne peut que s’engouffrer dans la lecture.

Au fil de l’enquête contre ce tueur insaisissable, quelques flashbacks nous renvoient, outre 777, en pleine guerre 39-45, avec quelques passages où Churchill apprend l’affreuse vérité, mais aussi sur la zone 51. Une hypothèse de plus pour cette dernière parmi la pléiade déjà existante.

TALENT

C’est sordide, mystique, fantastique, rigolo, brutal, sensuel, accrocheur, euphorisant. Les adjectifs ne manquent pas. Ceux pour qualifier le talent de cet écrivain non plus.

DU MÊME AUTEUR
Le Livre des Âmes