[Cycle] ‘Ferals’

Ferals

FERALS

Année de parution : 2013
Genre : Horreur
Édition : Fusion Comics

Nombre de tomes : 3


Quatrième de couverture
Cypress est une bourgade paisible du Minnesota jusqu’au jour où sont perpétrés une série de crimes. Pire encore, ces meurtres ne semblent pas être l’œuvre d’un être humain mais d’une sorte de monstre. Malheureusement, le seul susceptible de le capturer n’est autre que le principal suspect…


Ferals T.1 - Instinct Animal
T.1 – Instinct Animal

Ferals est un comics gore, très gore. Autant mettre les choses à plat. Il suffit de se rendre dans Google Images pour s’en assurer. David Lapham, auteur du controversé Crossed, autre comics basculant dans l’immonde surenchère d’horreur, propose ici sa vision des lycanthropes. De ces bêtes assoiffées de sang, d’une cruauté extrême.
Aucun doute, l’auteur a parfaitement saisi la définition. Accompagné de Gabriel Andrade aux dessins, le duo sert là une histoire indigeste, à ne pas mettre entre toutes les mains. La mise en garde ‘Pour Lecteurs Avertis‘ en bas de la couverture n’est pas là par hasard.

HÉMOGLOBINE

Ferals T.2
T.2 – Dans La Gueule des Loups

Dès le début, Andrade jette une débauche d’hémoglobine sur ses planches. Le trait est soigné, intéressant, mais il faut avoir le cœur bien accroché. Cependant faire la fine bouche ne sert à rien : nul besoin de feuilleter le comics pour savoir où l’on met les pieds. Les loups-garous sont des créatures de l’enfer, avides de sang et de chair humaine. Point barre.
L’idée de départ ne va pas plus loin. Mais au fil des pages, l’ébauche d’un scénario se met en marche, restant néanmoins très vague en ce qui concerne le premier tome.

L’ALCOOL ET LES FEMMES

L’édition française a décidé de découper l’histoire et de la faire tenir en trois tomes bien fournis. Dans le premier opus, le lecteur se retrouve à Cypress, Minnesota. Dale Chesnutt est un flic aimant l’alcool et les femmes, parfois les deux en même temps. Son meilleur ami est retrouvé en piteux état (doux euphémisme) dans les profondeurs de la forêt environnante. Les villageois parlent d’un ours, voire d’un puma. Mais Chesnutt est loin d’être stupide et sent déjà que quelque chose cloche.
Encore plus après la nuit passée avec son coup d’un soir : une mystérieuse blonde plantureuse nommée Gerda.

PAUVRE

La confrontation
T.3 – La Confrontation

Les auteurs n’ont aucun états d’âme pour leurs personnages : femmes, enfants, le massacre est général et les entrailles garnissent les cases du comics. Plusieurs protagonistes interviennent d’entrée de jeu, aux charismes et à l’intérêt variables. La galerie s’épaissit jusqu’au troisième tome mais cela débouche sur de nombreuses situations confuses. Alors que l’originalité et la promesse d’un réel scénario tient la baraque, le final s’étiole et perd de sa consistance, ayant pour résultat un ennui qu’il est difficile de chasser.
Portée par un humour qui se veut drôle mais qui se heurte aux mauvais clichés du genre, l’histoire, bien que choquante par sa pléthore de détails sanguinolents, est assez pauvre en rebondissements, et quelque peu décousue dans la description de certains événements. Prometteur, racoleur et nauséeux, Ferals est dans tous les cas une sacrée découverte dans le théâtre d’épouvante des lycans.

‘Bikini Atoll’ de Christophe Bec

Bikini Atoll

BIKINI ATOLL

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 128
Genre : Horreur
Édition : Glénat ‘Flesh & Bones’


Quatrième de couverture
Théâtre d’essais atomiques au sortir de la seconde guerre mondiale et abandonné depuis, l’Atoll de Bikini, qui donna son nom au fameux maillot deux-pièces, possède désormais tous les atouts pour ravir les amateurs de plongée sous-marine.
Au programme : soleil, plages de sable fin, cocotiers, mais aussi épaves de navires militaires, bunkers désaffectés et hordes de requins carnivores !
Une mine de trésors cachés que leur guide promet de leur faire découvrir en détail sauf que nos touristes sont loin d’imaginer quelles horreurs se cachent derrière ce paradis exotique…


Flesh & Bones est une nouvelle collection créée chez Glénat en 2015. S’inspirant du style comics américain noir et blanc, celle-ci propose des one-shot horrifiques concoctés par des auteurs francophones. Christophe Bec, auteur réputé pour ses séries à succès tel Prométhée ou encore Sanctuaire, est désigné chef de file pour promouvoir cette série.

RADIATIONS

Pour Bikini Atoll, il scénarise un slasher nerveux, hybride entre La Colline à des Yeux et le jeu vidéo Far Cry, brillamment dessiné par Bernard Khattou.
Bikini Atoll est un îlot mondialement connu pour avoir donné le nom au même bout de ficelle qui habille les femmes à la plage. Témoin d’essais atomiques menés par la Navy en 1946, l’île va progressivement devenir hostile à toute forme de vie humaine, faute à un taux élevé de radiation.

PARADIS

Christophe Bec part d’une réalité déjà terrifiante en soi, pour l’accommoder des poncifs du genre et en faire une histoire excellente. Un groupe de touristes particulièrement hétéroclite décide de partir à l’aventure pour se mesurer aux dangers de Bikini. Il fait chaud, il fait beau, les bimbos font péter les maillots et les mecs leurs pectoraux. C’est amusant, on ne s’ennuie pas, et le trait est agréable. Tout est réuni pour passer un bon séjour sur l’îlot. Mis à part quelques frayeurs qui viennent annoncer le fléau. Une fois le pied posé sur le sable chaud, les deux auteurs plantent le décor : une atmosphère paradisiaque recouvrant les vestiges d’une civilisation anéantie. En quelques cases, les frissons arrivent et la peur noue l’estomac. Les malheureux touristes relèvent des détails étranges sans s’attarder dessus. Rien de nouveau à l’horizon, mais le style est efficace.

SUEURS FROIDES

Gore et excitant à la fois, Bikini Atoll vaut son pesant de sueurs froides, et Bec s’éclate aux commandes de ce récit radioactif en signant notamment un final dantesque.

‘Batman – L’Asile d’Arkham’ de Grant Morrison

Batman - L'Asile d'Arkham

BATMAN – L’ASILE D’ARKHAM

Année de parution : 1989
Nombre de pages : 100
Genre : Fantastique
Édition : DC Comics


Quatrième de couverture
L’asile d’Arkham est un récit d’horreur psychologique mettant en scène Batman et quasiment tous les malades mentaux criminels de l’asile de Gotham. Emmenés par le Joker, les pensionnaires d’Arkham prennent le contrôle de l’établissement. Ils ne libéreront leurs otages qui si l’on accède à leur ultime requête : que Batman leur soit livré et qu’il devienne l’un des leurs.


L’Asile d’Arkham est un comics très sinistre, très glauque. Nous pénétrons dans un univers lugubre, et les auteurs nous confrontent à tous les esprits torturés de l’univers Batman. Sa lecture ne se fait pas aussi facilement qu’une simple bande dessinée. Les dessins (ou peintures) forment de véritables tableaux d’œuvres d’art à chaque page tournée.

ENVOÛTANT

Rester contempler n’est pas un problème car les couleurs sont superbes, excessivement sombres, et les dessins sont magnifiquement détaillés, c’est un vrai régal pour les yeux. Le Joker prend là des traits démoniaques et suscite réellement la peur. Son humour malsain renforce la noirceur du cadre de l’histoire.
Cette production est vraiment curieuse, à la fois envoûtante et terriblement frustrante. Envoûtante car les peintures martyrisent nos yeux et nos cerveaux de la plus belle des manières pour nous choquer, nous interpeller…

Et si c’était nous les fous ?

… Et frustrante car le récit est un peu confus, alternant le moment présent et les souvenirs d’Arkham sans même en avertir le lecteur. Nous ne voyons que l’ombre massive de Batman durant tout le récit, comme s’il n’était plus qu’un simple pion, un simple fantôme au milieu de tous les fous de l’asile. Le Joker est le maître des lieux et utilise Batman comme une vulgaire marionnette. C’est lui qui dirige ce « jeu » et il laisse l’homme chauve-souris dériver dans les labyrinthes de l’asile.

POUR LES INCONDITIONNELS

Ce dernier va alors à la rencontre de plusieurs de ses ennemis et n’a pas d’autre choix que de se battre, mais pas seulement physiquement.
En dépit de cette beauté aux proportions rarement égalées, l’histoire est à réserver aux inconditionnels. Le récit s’attarde sur l’aspect psychologique des personnages et en oublie un peu l’action. En effet, l’intrigue est mise de côté au profit du simple questionnement sur la santé mentale de Batman. C’est regrettable car on pourrait s’attendre à quelconque rebondissement mais non…

La fin arrive comme un cheveu sur la soupe, totalement imprévue et un peu décevante.

QUITTE OU DOUBLE

Cependant, chaque scène choc est vécue de manière très intense, comme si la folie de la chauve-souris nous emparait. Ce comics ne vous laissera pas de marbre et la première lecture terminée, beaucoup de questions pourront rester en suspens. Une seule lecture ne suffit pas pour être pleinement satisfait de ce livre. Une seconde s’imposera si l’on souhaite aller plus loin dans la compréhension.

Soit cette œuvre est forte, puissante et unique, soit elle est hermétique, pénible et sans saveur. Quitte ou double.