‘Brutale’ de Jacques-Olivier Bosco

Un mot fort qui annonce direct la couleur. Aucune concession, ça va cogner dur. La tendresse, on oublie, place au Krav-Maga et toute sa panoplie pour dégommer du vilain  d’une main tout en se curant le nez de l’autre. Et ce n’est pas la subtile touche de sensualité de la couverture qui va tromper son monde, car Brutale porte bien son nom : efficace, nerveux, chargé de violence comme un bon coup de pied dans les roubignoles.

OVERDOSE

Bosco ne fait pas dans la finesse. Ce roman transpire une incroyable énergie : ça percute, ça bastonne (putain oui!), les os craquent et le sang repeint les murs, mais c’est placé avec une telle sauvagerie que ça en devient amusant. L’auteur fait tout son possible pour imposer un rythme d’enfer à son histoire ; une bande-son bien métal en arrière-plan, des combats à la pelle et un taux d’adrénaline proche de l’overdose. Pour un peu on croirait lire le scénario du dernier Luc Besson. Mais c’est justement cela qui m’a plu ; cette électricité qui parcourt chaque mot du récit, qui insuffle à chaque page des contractions dans les nerfs, prêts à recevoir une nouvelle décharge.

JOHN WICK

Mais ça ne s’arrête pas là ! JOB offre un boulevard monstrueux à toutes les formes de clichés que l’on puisse imaginer trouver dans le genre. Ce serait trop long (et inutile) de les énumérer. Là aussi, on adhère ou pas. J’ai adhéré. C’est du grand n’importe quoi assumé jusqu’au bout, et l’intrigue est portée disparue dès le départ. John Wick a trouvé son pendant féminin, et c’est plutôt pas mal. Oh que oui ! Lise est terriblement dangereuse, férocement sexy. J’ai pourtant eu du mal à l’apprécier, le drame. Peut-être une pointe de misogynie, que sais-je ? Je ne comprenais pas ce besoin d’agressivité, tout le temps, partout. Bon, j’ai toujours pas compris, mais ce sentiment de lassitude face à une énième écorchée de la vie n’a pas trop duré, heureusement. Ça pète tellement dans tous les sens qu’on y prête plus trop attention en fait.

ANIMAL

Le final, c’est clairement la cerise sur le gâteau. Toute cette hargne animale compressée sur quelques pages, comme si l’auteur jetait ses dernières cartouches dans la bataille, manière de démontrer que le réservoir n’est pas encore vide. C’est grandiloquent, ridicule, mais ça fait du bien de débrancher les neurones.


JACQUES-OLIVIER BOSCO

Année de parution : 2017
Nombre de pages : 397
Genre : Thriller
Édition : La Bête Noire


Quatrième de couverture
Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale.
Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d’horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l’arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.
Que veulent-ils ? Qui est cet « Ultime » qui les terrorise et à qui ils obéissent ? Face à cette barbarie, il faut un monstre.
Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille.