‘Sarah T.2 – La Créature de la Cave’ de Christophe Bec

Toujours au top la Sarah ! Le tome initial laissait franchement apercevoir une histoire d’horreur angoissante. Le second tome est du même accabit, la nervosité en plus. Impossible de lâcher prise. Salamanca n’est vraiment pas une ville à foutre les pieds. Les secrets sombres de cette bourgade, enterrés sous une pluie démentielle des années auparavant, resurgissent à la surface tels des cadavres restés trop longtemps sous terre : gorgés de vices, nécrosés. C’est pas beau à voir, et toute la communauté ferme les yeux sur ce passé cauchemardesque. Devant l’impertinence de Sarah et l’apparition de créatures à priori hostiles, les autorités n’auront bientôt plus le choix. Salamanca doit détruire le fléau qui l’empoisonne depuis des générations…

JONGLAGE

On sent la terre humide qui colle au chaussures. On subit cette pluie orageuse qui imprègne les vêtements et glace les os. On respire cette peur qui terrasse les habitants. Le prologue est, une nouvelle fois, fort bien réussi. Direct dans l’ambiance, on est pas là pour lambiner. C’est affreux, glauque, dérangeant. Et hop ! Appâté ! Aucun temps morts, le récit alterne entre révélations et nouvelles questions. Un exercice de jonglage exécuté à la perfection. Sarah mène sa petite enquête et creuse jusqu’à tomber sur une piste probante. Une clé ouvrant la boîte de Pandore. Attention à ne pas s’y brûler. Quant à David, son mari resté sur la touche, l’incompréhension est de mise. Ce qui devait être un nouveau départ à la base se transforme rapidement en chasse aux fantômes. À des chimères révolues, qui pourtant ne cessent d’hanter ce couple aux abois. Pas sûr qu’il apprécie la blague. Ça va vite, très vite, tout s’accumule pour former une imposante montagne hallucinée. Et dans l’intervalle de cette course effrénée, des meurtres ! Des tripes ! De l’horreur, quoi. Les auteurs font les choses bien, et j’aime ça.

TÉNÈBRES

À coups de flashbacks et de découvertes scabreuses, l’histoire s’enfonce progressivement dans un dédale qui laisse présager un dénouement qui se fera dans les ténèbres. Éteignez les lumières !


SARAH T.2 – LA CRÉATURE DE LA CAVE

Année de parution : 2010
Nombre de pages : 64
Genre : Horreur
Édition : Dupuis


Synopsis (pris sur Livraddict)
Toujours hantée par les démons de son passé, Sarah continue d’enquêter sur le secret des enfants de Salamanca. Elle n’aurait jamais pu imaginer le drame épouvantable qui a frappé cette communauté bien des années auparavant…

‘Sarah T.1 – Les Ombres de Salamanca’ de Christophe Bec

Sarah a souffert. Malgré un démarrage excellent lors de la parution du premier tome en 2008 aux Éditions Dupuis, la série avait failli être abandonnée par la suite, les ventes du tome 2 ayant été jugées insatisfaisantes. Placée sur la touche, son avenir compromis, elle fût rachetée puis reprise par Les Humanos en 2012, mettant fin aux doutes et aux regrets. Prévue initialement sur cinq tomes, finalement rabattue sur trois, Sarah est une histoire d’horreur qui apporte son lot de frissons.

PROSPECTEURS

Commençons par Les Ombres de Salamanca. Qu’est-ce que ça raconte ? Un drame, tragique, où Sarah conte ses maux et panse ses plaies. Elle et son mari quittent le tumulte new-yorkais pour le confort d’un chalet perdu dans la forêt d’Allegheny, en Pennsylvanie. Une thérapie loin du passé, loin de ces ombres ayant plongé l’âme de Sarah dans un abîme de désespoir. Tout commence par un putain de prologue mettant de suite le lecteur sous tension. Deux prospecteurs d’or se rendent à Little Valley, près de Salamanca. Ville fantôme, les lieux sont à l’abandon, uniques témoins de la période grandiloquente des chercheurs d’or. Les deux compères trouvent rapidement l’entrée d’une mine délabrée avant de s’y engouffrer, persuadés de trouver dans ces boyaux de roches une richesse encore inexploitée. Cachés dans l’obscurité, deux yeux les fixent. Rouges, chargés d’une haine féroce face à cette intrusion. L’attaque est d’une sauvagerie extrême, le sang se répand, les corps tombent, disloqués.

Sarah, elle, s’est réfugiée dans son monde. Elle discute souvent avec son amie imaginaire, Kelly.
Kelly… La vérité m’a fait louper un battement de cœur.

RODÉE

Tenaillé entre la curiosité et la peur, Les Ombres de Salamanca m’a énormément plu. Conventionnelle, la narration est efficace, parfaitement rodée pour le genre. Un lieu étrange, paumé en pleine nature, une ville dévastée par un secret, des habitants hostiles envers les nouveaux arrivants…
Le schéma est classique mais carbure plein pot. Emmené par un dessin bien senti et un découpage incisif, le récit nous envoie donc à Salamanca, petite bourgade américaine pourrie de l’intérieur, gangrenée par des événements passés dont on n’entrevoit que les contours. Infaillible. Lorsque Sarah veut comprendre par la même occasion les incidents étranges se passant dans le chalet, l’histoire va définitivement basculer dans l’angoisse permanente, augurant de belles promesses pour la (les) suite(s) !


SARAH T.1 – LES OMBRES DE SALAMANCA

Année de parution : 2008
Nombre de pages : 64
Genre : Horreur
Édition : Dupuis


Synopsis (pris sur Amazon)
Au fin fond de la Pennsylvanie, Sarah et David viennent d’emménager dans une maison à l’écart de Salamanca, une petite ville forestière peu accueillante dont les habitants semblent protéger le secret d’un passé trouble. En proie aux démons de son enfance et à des crises d’angoisse chroniques, Sarah découvre que cette nouvelle vie, censée lui offrir un nouveau départ, décuple son mal. Pour faire face à ses peurs, Sarah cherche une vérité qui va la mener en des territoires où l’horreur et le surnaturel surgissent sans crier gare.

‘Zombies T.1 – La Divine Comédie’ d’Olivier Peru

L’histoire de La Divine Comédie se place durant la seconde campagne présidentielle de Barack Obama (fictive à la date de sortie de l’album). L’action se déroule donc aux États-Unis, pays devenu ravagé par un virus décimant la population, ou un homme tente désespérément de survivre dans cet univers post-apocalyptique.
Refusant de sombrer et de mourir dans le seul et maigre espoir de revoir sa petite fille, celle-ci ayant disparu dans ce nouveau monde fait de feu et de sang, il découvre alors quelques groupes de survivants essayant de s’organiser afin de reconquérir la Terre. Car oui, il faut avouer, l’homme n’est plus le superprédateur ultime.

INATTENDU

Ce scénario, très basique dans d’innombrables films de zombies, reste cependant cohérent et réserve même quelques surprises. Ce n’est pas forcément évident quand on sait qu’il n’y a pas beaucoup d’issues possibles pour ce genre d’histoire.
Le prologue nous présente déjà la situation : les morts-vivants, bêtes comme leurs pieds, mangent de l’humain à volonté, ce qui fait que la denrée se fait de plus en plus rare. Un homme s’évade de prison et tente de se frayer un passage pour échapper à ce carnage mais là, c’est le drame…
Une scène inattendue et irrésistible dès le début, et donc une franche rigolade avant d’entrer dans le vif du sujet.

IMPUISSANCE

L’ambiance sordide qui peut se dégager d’un long métrage horrifique peuplé de zombies colle parfaitement à cette bande dessinée. C’est gore, sombre, et l’impuissance et la fragilité des personnages tranchent complètement avec leur envie de changer les événements,
Les dessins sont également soignés. Chaque personnage est très vite identifié, ceux-ci possédant tous une identité visuelle, et les détails immondes des putréfiés sont bien présents. Le tout est rigoureux et c’est un vrai plaisir que de lire ce récit.
Après une première partie au rythme effréné, la seconde se calme un peu et l’on (re)découvre certaines caractéristiques si précieuses qui font la beauté de l’être humain : entraide et générosité. C’est touchant et cela donne à réfléchir sur nos propres existences, notre propre manière d’agir sur certains événements bien réels quant à eux.

ASSAUT

La troisième partie se signale par l’assaut, un assaut réfléchi mais quasi-désespéré des humains. Les dernières pages provoquent une grosse montée d’adrénaline en apportant leurs lots de frissons et d’émotions, nous laissant pantois devant un tel raz-de-marée. La page finale se fend d’une séquence bouleversante, poignante et cruelle, engendrant une superbe conclusion à cette vie sans espoir, à cette situation écœurante où la vulnérabilité du personnage principal nous prend aux tripes.


ZOMBIES T.1 – LA DIVINE COMÉDIE

Année de parution : 2010
Nombre de pages : 48
Genre : Horreur
Édition : Soleil


Synopsis
L’être humain ne règne plus au sommet de la chaîne alimentaire. Les zombies lui ont volé sa place et rien ne semble pouvoir les arrêter. Est-ce la fin de l’humanité ? Pas sûr… pour certains ce n’est qu’un recommencement. Sam a fui les grandes villes et laissé sa fille derrière lui. Pourtant, maintenant que silence et désolation règnent sur les États-Unis, il la croit toujours en vie… Il doit la retrouver, il ne survivra qu’ainsi.