‘Rêver’ de Franck Thilliez

Comme (ne) diraient (pas) Les Inconnus : « Je suis tombé par terre, c’est la faute à… Thilliez ! »
La dernière page de ce roman à peine tournée qu’une réflexion récurrente pointe le bout de son nez. À savoir : cet auteur paufine incroyablement bien ses histoires. Une complexité folle adoucie par une plume géniale, un peu comme l’histoire de la main de fer dans un gant de velours. À force de tomber des nues à chacune de ses parutions, j’en ai mal aux fesses. Car en plus d’une intrigue au cordeau, l’écrivain fait bosser nos méninges et les manipulent comme bon lui semble.

FARDEAU

Abigaël est une psychocriminologue réputée. Une professionnelle aux expertises béton, où le hasard n’a pas sa place. Une aide précieuse pour les gendarmes. Une arme discrète, aux méthodes infaillibles. Le revers de la médaille, sévère, à la brutalité d’une gifle cinglante : la jeune femme souffre de narcolepsie sévère associée à des crises de cataplexie. Son fardeau, qu’elle cherche à dissimuler, du moins à minimiser. Peine perdue. Toute l’équipe est au courant. Cette équipe, cette famille, ce sont hommes et femmes, tous gendarmes, réunis dans un seul but : coincer l’homme que l’on surnomme Freddy. Un croquemitaine, qui emporte avec lui les rires des enfants. Quatre enfants. Ni plus, ni moins. Enlevés par intervalles espacées dans le temps ; sans liens entre eux. Des mises en scènes macabres, insondables. Dos au mur, les gendarmes perdent pied face à cet individu qui se joue de leur impuissance.
Et quand Abigaël, leur principal atout, est victime d’un coup du sort, toute cette affaire va se fracturer en une myriade de petits morceaux, telle une assiette se brisant sur le sol. Et de ces multiples éclats acérés, Thilliez mettra à l’œuvre toute sa virtuosité pour les ré-assembler, un par un. Un véritable artiste.

VIRTUOSITÉ

Franck Thilliez a beau être le maître du thriller, il pousse toujours plus loin son envie de nous surprendre. À travers ses romans diablement bien ficelés, on retrouve sa passion pour les faits scientifiques. On apprends toujours quelque chose. Toujours. C’est aussi cela qui m’attire. Il creuse à fond ses sujets, jusqu’à les connaître sur le bout des doigts. Il stocke les connaissances, les documentations à la pelle, avant de les redistribuer sous la forme d’une intrigue aux ramifications qui semblent infinies. Un arbre gigantesque, d’où une sève couleur ténèbres s’infiltre dans chaque branche. On s’y perd avec une facilité déconcertante. Ça ne loupe jamais. Les personnages sont là aussi très bien construits, et la psychologie d’Abigaël est bien évidemment le moteur principal du récit. On délaisse Sharko (même les monolithes ont besoin de calme) pour un one-shot où le doute est permanent et la méfiance est de mise. La structure du récit est surprenante, déstabilisante. Il n’y a pas qu’Abigaël que l’auteur veut rendre marteau ! C’est le genre de récit à lire deux fois pour bien se rendre compte de certaines subtilités, surtout après avoir lu ce fameux chapitre 57. The Artist.


FRANCK THILLIEZ – RÊVER

Année de parution : 2016
Nombre de pages : 597
Genre : Thriller
Édition : Fleuve Noir


Quatrième de couverture
« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigäel est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

6 commentaires sur “‘Rêver’ de Franck Thilliez

  1. Pleack dit :

    Putain ça faisait si longtemps que je n’étais pas venu ici ? xD.
    Désolé mon poulet, j’abuse clairement !
    Ce livre est en WL depuis quelques temps et Thomas & toi en sorte des chroniques pareilles… !
    Y’a moyen que je me le prenne en grand format, je vais voir !
    Quel régal de retrouver la poésie de tes mots. J’adore !
    « d’où une sève couleur ténèbres » — « toute cette affaire va se fracturer en une myriade de petits morceaux, telle une assiette se brisant sur le sol. » Ohlala, c’est fameux, c’est bien écrit, c’est direct et raffiné, j’adore !

    Aimé par 1 personne

    • Jacaranda dit :

      T’inquiète pas mec ! Chacun de tes passages me fait quand même super plaisir (même si on dirait pas forcément ^^). Encore une fois, tu sais trouver les mots pour me faire rougir 😉 C’est Mél qui va être jalouse à force !

      Aimé par 1 personne

  2. lebouquinivre dit :

    Je partage cette douleur aux fesses avec vous! 😂
    Bonne journée!

    Aimé par 1 personne

  3. C’est une tuerie ce roman…

    Aimé par 1 personne

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