‘Le Goût du Sang’ de Michaël Sailliot

Le Goût du Sang

MICHAËL SAILLIOT – LE GOÛT DU SANG

Année de parution : 2015
Nombre de pages : 463
Genre : Horreur
Édition : Kitsunegari


Quatrième de couverture
Dans les vestiges d’un ancien hôpital psychiatrique, un vieux docteur et son équipe tentent de recréer la race des loups-garous aujourd’hui disparue. Seulement, lors d’une sortie souterraine, le sujet de ces expériences échappe au contrôle de ses maîtres.
Dans les Boves d’Arras, trois touristes anglais sont retrouvés massacrés. Après une battue stérile, la Police s’apprête à classer l’affaire. C’est compter sans la ténacité d’un flic peu ordinaire, le lieutenant Gabriel Papadhópoulos.
Avec son ami d’enfance doté de pouvoirs parapsychiques, Abdelkacem Alhazred, Gabriel va découvrir que l’Enfer possède une porte ouverte sur notre monde et que les démons qui le peuplent aiment bien trop le goût du sang.


Du sang et du sexe. À outrance. Deux ingrédients explosifs qui hantent les pages de ce roman d’horreur. Un récit qui fera voyager le lecteur dans les arcanes de l’Enfer, dimension parallèle au monde des Humains, source d’une foule de démons aussi hétéroclite que terrifiante.
La couverture donne de suite le ton, et sonne comme un rappel aux films de genre des années 80. Bestiale, sanglante, avec un soupçon de romantisme. Tournez-là, et appréciez la saveur du goût du sang.

INQUIÉTANT

Trois morts. Une mise en scène abominable, perpétrée dans un décor de pierre, humide et fermé. Le piège parfait. Michaël Sailliot a choisi avec soin le cœur-même de l’action : les Boves d’Arras. Un lieu mystique, confiné, à l’aspect rude et inquiétant. Non sans rappeler une scène du long-métrage Le Loup-Garou de Paris, cette introduction est séduisante et donne envie de s’aventurer plus loin.
Avec un prologue bien mystérieux débutant au milieu du XXème siècle, l’auteur frappe également d’entrée avec des attaques commises par un lycanthrope.

CHARISME

Place ensuite au présent, et la fameuse scène des Boves. Dépêché sur place, le lieutenant Papadhópoulos va rapidement voir son enquête tomber dans une impasse, à son grand désarroi. Dos au mur, tête brûlée ignorant la hiérarchie, il va s’octroyer les services de son meilleur ami, un homme possédant des dons aux pouvoirs ambigus. Belle référence ici à un personnage phare de l’œuvre de Lovecraft.
L’auteur permute son histoire en trois blocs scindés, qui vont finir par s’entrecroiser. Les humains d’un côté, ignorants du danger sous-jacent qui s’immisce dans leur monde. Ensuite, les démons, horde de monstres sanguinaires,  immortels, égoïstes et condescendants. Puis au milieu, tel un inhibiteur, le frère Alvaro. La clé de voûte de ce roman : un charisme certain, mélange improbable de cruauté et d’empathie.

SECOND DEGRÉ

La vulgarité émaille les nombreux dialogues, et les scènes violentes, crues et répétées, sont néanmoins amorties par la présence omniprésente de l’humour. Le récit porte l’empreinte du second degré, et le côté cliché voulu par l’auteur s’en trouve être amusant, et non ennuyant. Seul bémol, à mettre sur le compte du loup-garou. Sa présence, ardemment désirée, tarde à venir et c’est là une pointe de déception.
Mais la plume de Sailliot permet de ne pas se formaliser trop longtemps sur ce détail. En définitive, une très bonne surprise, agréable fusion d’horreur et d’humour noir.

DU MÊME AUTEUR
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